En Tunisie, Kaïs Saïed s’en prend à deux personnalités emblématiques de la transition démocratique
✨ AI Summary
🔊 جاري الاستماع
Des manifestants brandissent des portraits du président tunisien, Kaïs Saïed, alors qu’ils s’opposent au gouvernement et demandent la libération d’opposants politiques, à Tunis, le 10 janvier 2026. FETHI BELAID/AFP C’est d’une cellule de la prison de Mornaguia, en banlieue de Tunis, que l’ancien bâtonnier de l’Ordre national des avocats, Chawki Tabib, a rédigé la lettre parvenue jeudi 23 avril à ses proches. Placé en détention dix jours plus tôt, il assure demeurer « serein et confiant », et considère que l’épreuve traversée « n’est pas une affaire personnelle ». « Il s’agit d’une atteinte aux principes fondamentaux de notre profession : le droit à une défense équitable, l’indépendance de la justice, et les garanties d’un procès juste », soutient l’avocat de 62 ans, signant la missive de son nom, suivi de son numéro d’écrou, « prisonnier no 605331 ». Chawki Tabib est une personnalité emblématique de la société civile tunisienne. L’avocat a notamment dirigé, entre 2016 et 2020, l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), l’un des organes de contre-pouvoir instaurés dans la foulée de la révolution démocratique de 2011. En août 2020, il est démis de ses fonctions par le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, que l’Inlucc soupçonnait de conflits d’intérêts. Son sort bascule véritablement en juillet de l’année suivante, après le coup de force du président Kaïs Saïed – élu en août 2019 – contre les institutions issues de la révolution de 2011. Il vous reste 79.06% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


