En Inde, les travailleurs migrants quittent les villes, faute de gaz : « Je ne veux pas mourir de faim »
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Une usine de céramique fermée à la suite d’une pénurie de carburant à Morbi, Etat du Gujarat (Inde), le 8 avril 2026. AJIT SOLANKI / AP Sur le quai numéro 6, à la gare centrale de New Delhi, Tulli Mehto fait un dernier signe de la main à sa famille. Son épouse et ses enfants ont pris place, jeudi 9 avril, à bord du train de 12 h 45 en direction de Darbhanga pour retourner dans leur village natal du Bihar, l’Etat le plus pauvre de l’Inde, dans le nord-est du pays. « Nous n’arrivons plus à nous approvisionner en gaz et nous ne pouvons donc plus nous faire à manger, c’est pour cela que je les renvoie à la campagne », explique ce transporteur routier d’une quarantaine d’années. Le blocage du détroit d’Ormuz depuis le début du conflit au Moyen-Orient, fin février, a créé une pénurie de gaz de pétrole liquéfié (GPL) en Inde. Le géant sud-asiatique dépend à 60 % des importations pour son approvisionnement en GPL, dont la grande majorité transite par ce goulot d’étranglement maritime au large de l’Iran. En Inde, la distribution de gaz de cuisine est organisée par des revendeurs officiels et régulée par le gouvernement mais, même en temps normal, nombre d’Indiens s’approvisionnent par des canaux informels. Depuis le début du conflit, les prix sur le marché noir ont explosé. « Les bonbonnes de gaz au marché noir se vendent pour 400 roupies le kilo [près de 4 euros], soit quatre fois le prix habituel », explique Tulli Mehto, qui espère rejoindre sa famille d’ici deux jours, après avoir réglé quelques affaires dans la capitale. Il vous reste 76.93% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




