En Espagne, une chaîne de restaurants contrainte de retirer le mot «mafia» de son nom après une décennie de bataille juridique
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En Espagne, une chaîne de restaurants contrainte de retirer le mot «mafia» de son nom après une décennie de bataille juridique Par Julien Da Sois Le 25 avril 2026 à 18h08 Sujets restaurant Espagne Italie Mafia Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp La transformation des quelque 80 établissements de la chaîne en Espagne démarrera au mois de mai, et est prévue pour se terminer avant l’été. (Image d’illustration) ADOBE STOCK L’Office espagnol des brevets et des marques a donné raison à Rome, qui se battait depuis plus de dix ans pour que l’enseigne «La Mafia se sienta a la mesa» («La Mafia passe à table») change de nom, estimant qu’elle faisait la promotion de cette organisation criminelle. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Une bataille juridique surprenante, opposant un pays à une chaîne de restaurants, vient de s’achever, après plus d’une décennie de procédures. L’enseigne espagnole de cuisine italienne «La Mafia se sienta a la mesa» («La Mafia passe à table») vient d’annoncer son changement de nom, à la suite d’une longue offensive judiciaire menée par l’État italien, qui se battait depuis des années pour qu’elle retire sa référence à la mafia. Elle s’appellera désormais «La Famiglia se sienta a la mesa» («La famille se met à table»). La transformation de ses plus de 80 établissements en Espagne démarrera au mois de mai, et est prévue pour se terminer avant l’été. Née à Saragosse, dans le nord-est de l’Espagne, en 2000, «La Mafia se sienta a la mesa» est au fil des années devenu une chaîne qui compte dans le paysage de la restauration de l’autre côté des Pyrénées. De quoi attirer l’attention des autorités italiennes qui, en 2015, ont saisi l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), afin de réclamer la nullité de la marque, au motif qu’elle était «contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs». L’instance avait statué en faveur de Rome, jugeant que la marque «promouvait de façon manifeste» la mafia, et qu’elle «traduisait un message de convivialité et de banalisation» de cette organisation criminelle. Passer la publicité Publicité Mécontent de cette décision, le groupe derrière l’enseigne de restauration, La Mafia Franchises, avait saisi le Tribunal de l’Union européenne (TUE) pour demander l’annulation de ce jugement. Un recours rejeté en 2018, la justice européenne confirmant que le nom de la chaîne renvoyait «à une organisation criminelle, donn[ait] une image globalement positive de celle-ci et banalis[ait] les atteintes graves portées par cette organisation aux valeurs fondamentales de l’Union». L’enseigne avait malgré tout continué à utiliser son nom en Espagne, arguant que la marque nationale était indépendante de la marque de l’UE. À lire aussi Robots de service, QR codes, bornes... Le client du restaurant du futur sera-t-il entièrement autonome ? «Plus de 800 noms» envisagés Finalement, huit ans plus tard, l’Italie a obtenu que la marque soit également annulée en Espagne. Fin février, l’Office espagnol des brevets et des marques (OEPM) a donné raison aux autorités italiennes, considérant que le nom de l’enseigne était «contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs», car elle «fait directement référence à une véritable organisation criminelle» dont l’activité est «une réalité persistante». Si l’entreprise de restauration avait un mois pour faire appel, elle a finalement décidé de clore la polémique, en acceptant de changer de nom. Elle avait toujours nié toute intention de glorifier le crime organisé, assurant que le nom de l’enseigne provenait d’un livre de recettes éponyme offert au début des années 2000 aux deux fondateurs de la chaîne. La décision de changer de nom a été mûrement réfléchie, a raconté cette semaine le PDG de l’entreprise, Javier Floristán. Il a assuré qu’elle était le fruit d’un processus en cours depuis «plus d’un an», mené avec des cabinets de conseil et des cabinets d’avocats. Le patron du groupe de restauration a précisé que «plus de 800 noms» ont été envisagés. Au final, le choix de la dénomination a été décidé lors d’un vote interne, auquel les employés et les franchisés ont participé. «Le changement de nom ne modifie pas le projet», a-t-il tenu à préciser. «La Famiglia se sienta a la mesa» compte toujours ouvrir 30 nouveaux restaurants en 2026, dont le prochain dans les tout prochains jours à Madrid. À plus long terme, l’enseigne vise 200 établissements et 200 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2029 - contre 132 millions en 2025.
