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Elly Schlein, leader du Parti démocrate italien : "Pour Giorgia Meloni, l'heure de vérité a sonné"

العالم
L'Express
2026/04/18 - 05:45 501 مشاهدة

Le mythe de l’invincibilité de Giorgia Meloni a volé en éclats le 23 mars dernier. En votant majoritairement "non" à sa réforme de la justice, les Italiens ont infligé une cinglante défaite à la présidente du Conseil, qui semblait marcher sur l'eau depuis son arrivée au pouvoir en 2022. Le début d’une longue liste de mauvaises nouvelles pour Meloni, y compris sur la scène internationale. Alors que son allié Viktor Orban a été sévèrement battu dans les urnes en Hongrie, son "grand ami" Donald Trump a violemment attaqué le Pape Léon XIV et s'est dit "choqué par le manque de courage" de la dirigeante italienne sur la guerre en Iran.

De quoi revigorer l’opposition italienne, moribonde depuis des années. En cette période politique charnière, la secrétaire du Parti démocrate, Elly Schlein, a accordé une interview à L'Express. Elle se dit prête à rassembler le camp progressiste en vue des législatives de 2027, afin de marquer l'échec des modèles illibéraux sur notre continent.

L'Express : Devant le Parlement, le 14 avril, vous avez condamné les attaques de Donald Trump à l’encontre de Giorgia Meloni. Un geste rare de solidarité transpartisane dans la vie politique italienne...

Elly Schlein : Il était de mon devoir de condamner l'attaque du président Trump contre la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, pour avoir exprimé sa solidarité — une solidarité nécessaire, comme je l'ai dit devant le Parlement — envers le pape Léon XIV, qui a fait l'objet de paroles extrêmement graves de la part de Trump en raison de ses appels constants et vibrants à la paix. C'était un devoir, car l'Italie est un pays souverain et libre.

Bien qu'adversaires politiques, nous sommes avant tout des citoyens et des représentants des Italiens, et nous ne pouvons tolérer des attaques, des menaces ou un manque de respect envers notre pays et son gouvernement.

Pour autant, vous ne retenez pas vos coups contre la politique étrangère du gouvernement Meloni...

Notre critique est extrêmement sévère : le gouvernement Meloni a commis de graves erreurs en politique étrangère ces dernières années, avec une attitude trop permissive envers l'administration américaine. L'heure de vérité a sonné. Le gouvernement a minimisé l'impact des taxes douanières de Trump, qui nuisent à notre économie, à nos entreprises et à nos travailleurs. Je reviens d'une visite au Vinitaly [NDLR : salon international du vin à Vérone], où j'ai touché du doigt l'inquiétude des producteurs face aux incertitudes liées aux taxes, aux guerres voulues par Trump et Benyamin Netanyahou, et aux augmentations de prix qu'elles engendrent.

Contrairement à d'autres pays, aucune mesure adéquate n'a été mise en place en Italie pour soutenir les familles et les entreprises. En Espagne, Pedro Sanchez a débloqué 14 milliards d'euros ; ici, on avait promis 24 milliards, mais personne ne les a vus... Ce gouvernement italien a été le seul en Europe à parler de "légitime défense" lors de l'attaque américaine contre le Venezuela. Meloni a attendu deux semaines pour dire que l'attaque des Etats-Unis et du gouvernement israélien contre l'Iran violait le droit international. Elle a accepté d'augmenter les dépenses militaires à 5 % du PIB au lieu de dire clairement, comme l'a fait l'Espagne, qu'il s'agit d'un objectif erroné et inatteignable, mettant en péril notre système social. C'est aussi le seul gouvernement européen à participer, comme observateur, au "Board of Peace" créé par Trump pour tenter de remplacer les Nations unies et démanteler le droit international...

Donald Trump et Giorgia Meloni dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, le 17 avril 2025.
Donald Trump et Giorgia Meloni dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, le 17 avril 2025.

Comment jugez-vous la position du gouvernement italien sur l’Europe ?

Il n'arrive pas à choisir pleinement l'Europe. Giorgia Meloni s'oppose à la fin de la règle de l'unanimité, alors qu'elle est indispensable pour avancer. Elle s'oppose à la défense commune et à la clause de préférence européenne (Buy European Act). En acceptant les 5 % de dépenses militaires de Trump tout en refusant la défense commune, elle nous rend plus dépendants des Etats-Unis.

C'est la même chose pour l'énergie. Sa seule bataille à Bruxelles est de suspendre les quotas carbone (ETS), ce qui nous maintient dépendants des énergies fossiles. On passe de la dépendance au gaz de Poutine à celle au gaz de Trump.

Quels enseignements tirez-vous de la défaite de Viktor Orban en Hongrie ?

Le temps des souverainistes et des droites nationalistes est révolu. Nous avons commencé à les battre en Italie avec le récent référendum constitutionnel où 15 millions de personnes ont voté "Non". C'est un signal politique clair. Ensuite, il y a eu la défaite d'Orban, qui est aussi une défaite pour Trump, Vance, Meloni et Salvini. Nous irons à Barcelone le 18 avril pour rencontrer nos partenaires progressistes, socialistes et démocrates [NDLR : lors de la "Réunion en défense de la démocratie", un sommet des gauches mondiales]. Nous ne pouvons pas laisser la coopération internationale aux nationalistes : d'autant que si les uns disent "les Américains d'abord" et les autres "les Italiens d'abord", ils finissent par devenir ennemis.

Dans ce contexte, les élections françaises de l'année prochaine sont d'une importance capitale. Je suis en contact étroit avec Raphaël Glucksmann et Olivier Faure. Nous discutons ensemble du Green Deal, de la manière dont l'énergie est liée à la géopolitique et à la technologie. Nous devons lutter contre la concentration sans précédent du pouvoir des Big Tech qui ont soutenu Trump, lui qui tente de faire sauter les règles européennes sur l'intelligence artificielle et l'espace numérique. Nous devons proposer un autre monde : celui de la paix, de la protection sociale et de l'autonomie stratégique européenne.

Péter Magyar est membre du Parti populaire européen et vient du Fidesz, le parti d’Orban. Pourquoi le rempart contre la droite nationaliste en Europe est-il constitué par les conservateurs et non par les forces progressistes ?

La gauche n'allait pas très bien non plus en Italie lors de la défaite de 2022, avant que je ne devienne secrétaire en gagnant les primaires. J’espère que les résultats obtenus ces dernières années en reconstruisant une identité progressiste pour le Parti démocrate - en repartant des fondamentaux constitutionnels : droit à la santé, à l’école, à un travail et un salaire digne - démontrent qu’il existe une alternative. Nous ne battrons pas ces droites en courant derrière elles sur leur propre terrain, car cela ne fait que les renforcer.

Nous les battrons en les entraînant sur notre terrain : celui de la justice sociale. C'est un domaine où elles n'obtiennent aucun résultat ; au contraire, elles trahissent leurs promesses. En Italie, on le voit clairement à travers les coupes budgétaires du gouvernement Meloni dans la santé et l'éducation. Nous voyons des signaux encourageants : le Parti démocrate est passé de son minimum historique de 14 % en décembre 2022 à 24 % lors des dernières élections européennes.

Regardez aussi le gouvernement Sanchez en Espagne : malgré les attaques violentes de la droite nationaliste, il tient bon et fait des choix courageux. Il a réduit la précarité en concertation avec les entreprises et les travailleurs, et il expérimente la réduction du temps de travail à salaire égal. Il a aussi instauré un congé parental paritaire. Sur la politique étrangère, il a dit un "non" très clair à la guerre. Au Portugal également, un président socialiste a récemment gagné. Chaque pays a sa spécificité, mais les situations les plus difficiles sont celles où la gauche doit composer avec des gouvernements de "grande coalition". En Italie, pour la première fois en vingt ans, nous sommes prêts à diriger une alliance progressiste pour gagner les prochaines législatives. En 2022, cette alliance n'existait pas et nous avons perdu. Aujourd'hui, nous gouvernons ensemble sans heurts dans de nombreuses villes et régions. Plus personne ne remet en question cette unité.

On reconnaît à Meloni d'avoir apporté de la stabilité à l'Italie. Pouvez-vous garantir la même chose en cas de victoire aux prochaines élections, prévues en 2027 ?

Meloni a un record : celui d'être le gouvernement resté le plus longtemps au pouvoir sans rien faire pour améliorer la vie des Italiens. Sa "stabilité" vient d'une majorité parlementaire écrasante qu'elle a gâchée en ne faisant aucune réforme structurelle sur les salaires ou la productivité. Nous travaillons à une stabilité fondée sur une coalition qui a déjà prouvé qu'elle pouvait s'entendre sur des propositions concrètes, comme le salaire minimum pour les trois millions de travailleurs pauvres en Italie.

Vous appelez sans cesse à la paix mais cela peut avoir de nombreuses significations, de la reddition de l'Ukraine à une position anti-Trump sur le conflit en Iran...

En Iran, notre condamnation du régime théocratique de Téhéran a toujours été nette, bien avant l'escalade actuelle. La droite nous accuse d'être complices du régime parce que nous critiquons les actions militaires unilatérales, mais le droit international doit rester la base. Si on le démantèle, seule la loi du plus fort l'emporte. Si la trêve actuelle en Iran ne tient pas, nous risquons une escalade mondiale dévastatrice. C'est pourquoi nous devons nous mobiliser avec la société civile pour la paix, la justice sociale, mais aussi contre les autoritarismes qui démantèlent nos valeurs. L'attaque contre l'ONU et le droit international ne vient pas seulement de Trump, elle vient aussi de Netanyahou et même du gouvernement Meloni. N'oublions pas que l'Italie a été signalée à la Cour pénale internationale pour ne pas avoir collaboré à l'arrestation d'un tortionnaire libyen, renvoyé chez lui par un vol d'Etat.

Sur l'Ukraine, notre position est claire : nous soutenons le peuple victime de l'invasion criminelle de Poutine. Ce qui nous inquiète, c'est que la discussion se résume à des appels entre Trump et Poutine. Une "paix juste" n'est pas une reddition. Trump ne défendra pas les intérêts de sécurité européens ou ukrainiens. La paix ne peut être réelle que si l'Ukraine s'assoit à la table des négociations aux côtés d'une Union européenne unie.

À Gaza, la situation est différente. On continue de mourir malgré la trêve. On ne peut pas construire la paix sans impliquer les Palestiniens et sans mettre fin aux occupations illégales en Cisjordanie. Nous demandons, à l'image de ce qu'on fait la France et l'Espagne, la reconnaissance immédiate de l'Etat de Palestine. La solution à "deux Etats" signifie que les deux peuples ont le droit d'exister en sécurité.

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