Dans « Perspectivisme cosmologique », le grand anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro tente de penser l’unité de la nature
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L’anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, à Paris, en 2020. ERIC GARAULT / PASCO « Perspectivisme cosmologique. Essais d’anthropologie multinaturaliste » (Perspectivismo e multinaturalismo na América indigena. Cosmological Perspectivism in Amazonia and Elsewhere), d’Eduardo Viveiros de Castro, traduit du portugais (Brésil) par Julien Pallotta et de l’anglais par Guillaume Guidon, Dehors, 208 p., 19,50 €. L’anthropologie s’est constituée comme science comparative des cultures humaines, selon un prisme marqué au départ par un fort ethnocentrisme. Elle distinguait les cultures dites « primitives » de la culture moderne occidentale qui, seule, aurait su faire la différence entre, d’un côté, une réalité naturelle unique (les faits nécessaires établis en particulier par la science) et, de l’autre côté, la pluralité des cultures, domaine contingent des langages, des interprétations et des représentations. Dans Perspectivisme cosmologique, Edouardo Viveiros de Castro déstabilise cette approche et contribue à ouvrir sa discipline à une interrogation proprement philosophique portant sur notre rapport au monde et les relations entre les êtres humains et non humains, propre à dépasser l’opposition classique entre nature et culture. Ce recueil de conférences prononcées à Cambridge en 1998 par l’anthropologue brésilien offre ainsi un document majeur sur le « tournant ontologique » de l’anthropologie contemporaine. Ce tournant consiste à cesser de réduire les cultures dites « indigènes » à des croyances, en tirant toutes les conséquences philosophiques, mais aussi écologiques et politiques, des conceptions du monde que l’ethnographie décrit. Il vous reste 58.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




