Dans « Mariage fantôme », David Park allie grâce et sensibilité pour raconter l’histoire de deux hommes hantés par leur passé
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« Mariage fantôme » (Ghost Wedding), de David Park, traduit de l’anglais (Irlande du Nord) par Cécile Arnaud, Quai Voltaire, 284 p., 23 €, numérique 17 €. C’est un lieu chargé d’une histoire complexe et mystérieuse : un lac s’étendant sur le terrain d’un somptueux manoir, non loin de Belfast, la capitale nord-irlandaise. Le riche propriétaire de la maison, Edward Remington, patron de filatures, l’a fait creuser dans les années 1920, selon la mode de l’époque, pour étaler ses richesses, fruits d’une réussite professionnelle spectaculaire. Un siècle plus tard, au bord de cette même pièce d’eau, Alex et Ellie s’apprêtent à se marier. Sont-ils conscients que là se sont jouées des tragédies, dont la mort mystérieuse d’un enfant, et que des existences y ont été transformées à jamais ? Non, bien sûr, mais c’est comme s’ils en percevaient les échos, les sensations, les traces infimes et néanmoins durables. Faire résonner les époques entre elles ; se croiser les trajectoires du passé et du présent, les tourments intimes des protagonistes et de ceux qui les ont précédés. David Park donne une leçon bouleversante en la matière dans Mariage fantôme, roman d’une grande délicatesse, qui met essentiellement en regard deux personnages masculins : George Allenby, l’architecte chargé des travaux du lac, et Alex, le jeune fiancé. Le premier, officier pendant la première guerre mondiale, voit resurgir les souvenirs douloureux des combats dans les tranchées, en France, à mesure que les ouvriers déblaient la terre. Le second est hanté par un faux pas commis lors d’un festival de musique. Comme dans Voyage en territoire inconnu (Quai Voltaire, 2022), dont le protagoniste, marqué par un drame familial, entreprenait un long voyage en solitaire pour aller chercher son fils malade, ce nouveau roman creuse finement le sentiment de culpabilité de ces personnages en proie à un passé et à des choix dont ils n’arrivent pas à se débarrasser. Avec une écriture empathique, au plus près de chaque perso...





