Cryptorapt en France : 88 suspects mis en examen, dont plus de 10 mineurs, dans des enquêtes en cours
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Cryptorapt en France : 88 suspects mis en examen, dont plus de 10 mineurs, dans des enquêtes en cours Par Nicolas Daguin Le 24 avril 2026 à 18h15 Suivre Sujets Cryptomonnaie enlèvement enquête mineurs Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Depuis 2023, les forces de l’ordre ont recensé 135 enlèvements liés aux cryptomonnaies. 88 personnes, dont plus de 10 mineurs, sont actuellement mises en examen dans 12 affaires de ce type, et 75 d’entre elles sont en détention provisoire. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Les interpellations se succèdent et dessinent, en creux, les contours d’une criminalité en pleine mutation. Dans un long communiqué diffusé vendredi après-midi, la procureur de la République du parquet national anticriminalité organisée (PNACO), Vanessa Perrée, est revenue sur plusieurs affaires d’enlèvements liés aux cryptomonnaies, des «cryptorapts » qui mettent en lumière des méthodes violentes et des réseaux très structurés, mais pas infaillibles. La semaine dernière, trois hommes âgés de 25 à 30 ans, déjà condamnés par la justice, avaient été arrêtés par la section de recherches de la gendarmerie de Chambéry et l’unité nationale de police judiciaire (UNPJ). Ils sont soupçonnés d’être impliqués dans l’enlèvement d’une magistrate grenobloise de 35 ans et de sa mère âgée de 67 ans, survenu en novembre dernier à Challes-les-Eaux, en Savoie. Mis en examen pour «arrestation, enlèvement, séquestration en bande organisée, extorsion et blanchiment», ils ont été placés en détention provisoire. Passer la publicité Publicité Un phénomène en pleine expansion Quelques jours plus tard, une nouvelle vague d’interpellations est intervenue. Trois autres hommes, dont deux déjà mis en examen dans le dossier savoyard, ont été arrêtés dans le cadre d’une affaire distincte, liée à l’enlèvement d’un couple commis en décembre à Dompierre-sur-Mer, en Charente-Maritime. Là encore, les suspects, tous déjà condamnés pour des faits de violences aggravées, ont été placés en détention provisoire après leur mise en examen. Ces affaires ne constituent toutefois que la partie émergée d’un phénomène plus vaste. À ce jour, douze informations judiciaires sont en cours, suivies par les magistrats spécialisés du tribunal judiciaire de Paris. Elles ont conduit à la mise en examen de 88 personnes, dont plus d’une dizaine de mineurs, et à l’incarcération de 75 d’entre elles, précise le PNACO. Ce volume inhabituel s’inscrit dans un contexte de forte progression des faits recensés par les forces de l’ordre : 18 en 2024, 67 en 2025 et déjà 47 depuis le début de l’année 2026. Depuis 2023, ce sont 135 faits qui ont été identifiés. Pour les enquêteurs, cette montée en puissance s’explique en partie par un travail de fond visant à rapprocher des procédures initialement distinctes. Pilotées notamment par l’Office central de lutte contre le crime organisé et l’UNPJ de la gendarmerie, ces investigations ont permis d’identifier des individus impliqués dans plusieurs dossiers, révélant l’existence de réseaux structurés. Vigilance accrue Cette stratégie, assumée par le PNACO, vise à «mieux appréhender l’ampleur des faits, garantir la cohérence des investigations et renforcer l’efficacité de la réponse pénale sur tout le territoire et en lien avec les juridictions inter-régionales spécialisées (JIRS)». Elle permet également d’adapter la réponse pénale à une criminalité qui évolue rapidement, portée notamment par l’essor des cryptoactifs. Car au-delà des chiffres, la nature même des faits inquiète. Les qualifications retenues – enlèvements, séquestrations, extorsions en bande organisée...– traduisent une violence marquée, avec des victimes contraintes de transférer des actifs numériques sous la menace. Face à cette situation, les autorités appellent à la vigilance. Les détenteurs de cryptos, mais aussi les professionnels du secteur et leurs proches, sont invités à faire preuve d’«une vigilance renforcée [...] en évitant toute surexposition sur les réseaux sociaux susceptibles de permettre leur ciblage et en restant vigilants à toute prétendue sollicitation», insiste Vanessa Perrée. Certains malfaiteurs n’hésitent pas à se faire passer pour des enquêteurs ou des représentants d’institutions judiciaires afin d’obtenir des informations sensibles, rappelle la magistrate. Les investigations se poursuivent désormais pour identifier l’ensemble des protagonistes, remonter les circuits financiers et, à terme, démanteler les réseaux impliqués. Dans l’intervalle, le parquet rappelle que les personnes mises en examen bénéficient de la présomption d’innocence.





