Crise France – Algérie : les messages d’Anne-Claire Legendre
Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe (IMA), est en Algérie, à l’invitation de la ministre de la Culture Malika Bendouda.
Presque simultanément, la capitale algérienne a accueilli le patron du Medef Patrick Martin, et aussi Ségolène Royal, invitée par la même ministre.
Coïncidence ou stratégie concertée pour faire avancer la relation bilatérale par la culture et l’économie, là où la politique n’a pas pleinement réussi ?
La question a été posée à Mme Legendre au cours de sa rencontre avec la presse algérienne ce mercredi matin à la résidence de l’ambassadeur de France à Alger.
« Ce que je constate, c’est que, en effet, l’Algérie a envoyé toute une série d’invitations. Mme Bendouda m’a invitée moi-même et Mme Ségolène Royal. Je crois que ça vient nourrir la relation, a-t-elle répondu, après avoir contesté « l’échec » des politiques puisque, rappelle-t-elle, il y a eu la visite en Algérie du ministre français de l’Intérieur et des échanges entre les chefs de la diplomatie des deux pays.
Sur la visite du président du Medef en Algérie (23-26 avril), elle a exprimé le souhait que cela va contribuer à « lever un certain nombre d’obstacles économiques et autres qui sont encore présents entre les deux pays ».
Du côté de la France, a-t-elle assuré, « il y a toujours eu une volonté et un attachement très profond à cette relation ».
Anne-Claire Legendre : « J’ai été bien accueillie par tous mes interlocuteurs à Alger »
Malgré le caractère culturel de sa mission et de sa fonction, et aussi la sensibilité de la conjoncture, Anne-Claire Legendre a répondu à toutes les questions liées à la relation et à la crise politique, avec néanmoins beaucoup de prudence.
Comme lorsqu’elle a été invitée à commenter la situation du journaliste Christophe Gleizes, condamné et incarcéré en Algérie : « Ce n’est pas l’IMA qui va jouer un rôle en la matière. Je connais sa famille, je sais qu’ils ont fait une demande de grâce, j’espère que cette demande sera entendue. »
La présidente de l’IMA, qui est proche du président Emmanuel Macron, a indiqué qu’elle a eu « l’honneur » de « saluer de façon très brève » le président de la République Abdelmadjid Tebboune.
« Le message que j’ai passé, c’est l’attachement de la France et de l’IMA à ce que la relation entre nos deux pays soit la meilleure possible », a-t-elle révélé, expliquant qu’une des missions de l’institution qu’elle préside est de contribuer à améliorer et à nourrir la relation à travers les échanges entre les artistes et les acteurs institutionnels.
« On a décidé d’ouvrir une nouvelle page, il y a énormément de choses à faire entre l’IMA et l’Algérie », a-t-elle dit à propos de sa rencontre avec Mme Bendouda.
Anne-Claire Legendre est porteuse d’une feuille de route très ambitieuse, avec justement un riche programme d’échanges. La situation est-elle toutefois suffisamment apaisée pour pouvoir la mettre en œuvre ?
« De toute façon, il faut que nous puissions entretenir des relations qui sont riches (…) Je porte une ambition et mon objectif est de la mettre en œuvre. J’ai l’impression que j’ai été bien accueillie par Mme la ministre et tous mes interlocuteurs. Je crois qu’on peut travailler dans ce sens”, a-t-elle répondu.
Algérie-France : « L’IMA peut jouer un rôle de facilitateur »
L’IMA, a soutenu sa présidente, peut, par sa spécificité, jouer ce rôle de « facilitateur », un rôle dans l’accompagnement des relations politiques entre les États, mais par des voies « qui sont autres, par les échanges, la création ».
Ces échanges continuent d’ailleurs, quelle que soit la relation politique entre les États, « ce qui montre la richesse de la relation », s’est-elle félicitée.
Outre les échanges, le rôle de l’IMA est aussi de « poser les questions sensibles » et de donner « les clés de compréhension », notamment sur l’histoire. Dans ce sens, elle a annoncé la commémoration en juin prochain du centenaire de la création de l’Étoile nord-africaine (ENA), avec la participation de la fille de Messali Hadj.
En évoquant l’histoire, la présidente de l’Institut du monde arabe a évoqué l’actualité de cette région du monde, particulièrement celle de la Palestine et du Liban où il y a un risque réel d’« effacement de l’histoire ».
À Gaza, il y a « un drame humain atroce, un territoire bulldozé et un effacement sur le terrain des traces de l’histoire gazaouie », et la même menace pèse sur le Liban, « pris à nouveau dans un conflit qu’il n’a pas choisi, sous les bombardements israéliens », a déploré Anne-Claire Legendre.
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