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Cinq pays de l’UE économisent 58 % sur leurs factures grâce aux énergies propres

العالم
Euronews FR
2026/04/22 - 03:00 502 مشاهدة
Les pays de l’UE dont le mix énergétique est le plus propre seront mieux protégés contre la flambée des prix du pétrole et du gaz, alors que la guerre contre l’Iran continue de mettre en lumière le véritable coût de la dépendance aux énergies fossiles. Dans les deux jours qui ont suivi les frappes au Moyen-Orient, les prix du TTF néerlandais (l’indice de référence pour les prix de gros du gaz en Europe) ont bondi de 68 % pour atteindre 52,8 € par mégawattheure, leur plus haut niveau depuis deux ans. Au début de cette semaine (lundi 20 avril), le TTF néerlandais s’échangeait à un niveau bien plus bas, 40,2 €/MWh. Ce repli intervient après des signes de forte désescalade dans le cadre d’un cessez-le-feu de deux semaines, mais les prix restent nettement supérieurs à ceux d’avant le début du conflit (31,5 €/MWh).Une grande partie de cette volatilité s’explique par l’emprise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz, un passage de 38 km par lequel transitent environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. En mars, les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’UE ont chuté de 11 %.La situation a incité le commissaire européen à l’Énergie à recommander aux pays de remplir progressivement leurs stocks au cours de l’été afin de « atténuer la pression sur les prix et éviter une ruée à la fin de la saison ». Elle a aussi ouvert la voie à un vif regain d’intérêt pour les énergies renouvelables locales, de plus en plus présentées comme un investissement plus stable dans le contexte des tensions géopolitiques.« Il n’y a pas de flambées de prix pour la lumière du soleil ni d’embargos sur le vent », a déclaré le mois dernier le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. L’énergie propre peut-elle protéger l’UE contre la hausse des prix du gaz ?Un nouveau rapport du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA (source en anglais)) conclut que, malgré une forte hausse des prix et des craintes grandissantes concernant la raréfaction des approvisionnements, le bloc reste « mieux protégé » contre la sensibilité aux prix qu’en 2022, après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Cela tient principalement au boom des renouvelables, qui ont battu de nouveaux records en 2025 et pourraient permettre à l’UE d’économiser la somme colossale de 5,8 milliards d’euros en 2026 en remplaçant du gaz coûteux. Les experts soulignent que ce montant serait nettement plus élevé si les prix du gaz ne continuaient pas de déterminer, dans de nombreux pays, le prix de l’électricité, en raison du mécanisme de tarification marginale de l’UE. En 2025, chaque hausse de 1 €/MWh du prix du gaz s’est traduite par une augmentation de 0,37 €/MWh du prix de l’électricité, soit une réduction de 8 % par rapport à 2022. « Cela est directement lié au découplage [du prix de l’électricité] du gaz et aux investissements dans les énergies propres, dont la part dans la production d’électricité dans l’UE a augmenté de 14 % en 2025 par rapport à 2022 », explique le rapport.Quels pays de l’UE sont les mieux protégés contre la hausse des prix du gaz ?Chaque État membre de l’UE a vu sa sensibilité aux mouvements du prix du gaz diminuer ces dernières années, à la faveur de la montée en puissance des énergies propres.Mais ce sont les consommateurs de cinq pays en particulier – le Danemark, la Finlande, la France, la Suède et la Slovaquie – qui bénéficient de la plus forte part d’énergie propre dans leur mix électrique. Le rapport indique que ces pays économiseront 8,5 milliards d’euros sur leurs factures d’énergie cette année. Leurs factures seront ainsi inférieures de 58 % à celles des pays dont le mix est le plus polluant (Pologne, Italie, Grèce, Estonie et Pays-Bas). Cette estimation part de l’hypothèse que la consommation restera en 2026 au même niveau qu’en 2025, tout en tenant compte de prix plus élevés et de la sensibilité aux prix du gaz.La Suède arrive en tête comme l’État membre de l’UE le moins sensible aux chocs sur les prix du gaz, selon les données de 2025. En moyenne, pour chaque hausse de 1 € du prix du gaz, la Suède n’enregistre qu’une hausse de 0,04 €/MWh des prix de gros de l’électricité. « Si la Suède fait partie des neuf pays dont les capacités de stockage de gaz sont actuellement nettement inférieures à la moyenne européenne, sa faible dépendance à cette source pour la production d’électricité – 99 % de son électricité provient d’énergies propres – isole davantage encore son marché électrique des chocs de prix », note le rapport. L’Espagne et le Portugal profitent eux aussi de l’accélération des investissements dans les renouvelables, avec une croissance de 21 % des énergies propres en 2025 par rapport à 2022. Cette dynamique est largement portée par un boom de 74 % du solaire.Dans le même temps, la sensibilité de ces deux pays aux chocs sur les prix du gaz a chuté de 53 %. L’an dernier, pour chaque hausse de 1 € du prix du gaz, la zone de production commune de l’Espagne et du Portugal n’a connu qu’une hausse de 0,089 € par MWh, soit la troisième sensibilité la plus faible du bloc. La France a également vu sa sensibilité aux prix du gaz nettement diminuer, principalement grâce à la montée en puissance des énergies propres, qui a permis de la réduire de moitié entre 2022 et 2025. Quels pays paient le prix de leur dépendance aux énergies fossiles ?Les Pays-Bas, malgré une hausse de 31 % de leur production d’électricité d’origine renouvelable, restent plus sensibles aux prix du gaz qu’en 2022.Alors même que la part du solaire et de l’éolien dans l’électricité y est supérieure à la moyenne européenne, le gaz demeure la première source de production électrique du pays. « Cette sensibilité s’explique aussi par l’intégration très poussée des Pays-Bas au marché européen du gaz – souvent en tant que preneurs de prix – qui les rend vulnérables aux chocs transmis par des voisins comme l’Allemagne », ajoute le rapport. « Le gaz a traditionnellement joué un rôle disproportionné dans la production centralisée d’électricité aux Pays-Bas (22 %), tandis que les sources d’énergie propre, en particulier le solaire, occupent une place plus importante dans la production décentralisée. »Aux Pays-Bas, par exemple, le solaire est fortement sollicité en journée, mais le soir, d’autres sources doivent être mobilisées, ce qui implique souvent le recours au gaz.La Pologne fait figure d’exception dans la tendance générale de l’UE. Malgré une croissance annuelle de 48 % des renouvelables depuis 2022, la sensibilité du pays aux prix du gaz reste élevée.Cela tient surtout au choix polonais de développer l’électricité produite à partir de gaz pour remplacer et réduire le charbon, qui reste indispensable à plus de la moitié de la production totale d’électricité du pays.« Le réajustement de la Pologne en faveur du gaz plutôt que des sources d’énergie propre a entraîné une hausse de 132 % de la production électrique à partir de gaz en 2025 par rapport à 2022 », explique l’étude. « Cette dépendance accrue, qui représentait 13 % de la production totale en 2025, a aussi conduit à une augmentation de 87 % de la sensibilité aux prix du gaz. »Pour chaque hausse de 1 € du prix du gaz, la Pologne enregistre une augmentation de 0,36 €/MWh du prix de l’électricité. La Hongrie affiche également une plus grande sensibilité aux prix du gaz qu’en 2022, en hausse de 22 % sur un an. Malgré un boom du solaire, le manque de capacité de raccordement au réseau oblige toujours le pays à s’appuyer sur les centrales à gaz pour garantir la stabilité.
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