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Ce que la chute de Viktor Orban va changer pour l’Europe

العالم
L'Express
2026/04/13 - 08:38 501 مشاهدة

Comme en 1848, comme en 1956, comme en 1989, le peuple hongrois a exprimé une nouvelle fois, dimanche 12 avril, sa détermination à conquérir sa liberté politique et à restaurer sa dignité nationale. Au XIXe siècle, il s’agissait de secouer la tutelle des Habsbourg d’Autriche ; au XXe, de renverser la domination de la Russie soviétique ; cette fois-ci, de mettre à bas un système politique corrompu, échafaudé par Viktor Orban depuis 16 ans. A chaque étape majeure de son histoire contemporaine, la petite Hongrie a envoyé un signal d’espoir démocratique qui résonnait en Europe et au-delà. C’est encore le cas.

Le premier message de Budapest s’adresse à tous les autocrates et à ceux qui sont tentés de les imiter : l’alternative à la démocratie libérale n’est pas un modèle durable. La mise d’un appareil d’Etat au service d’un homme et de son clan finit toujours par se retourner contre le pouvoir. Il est heureux que les Hongrois aient su tourner cette page de manière pacifique et démocratique.

La deuxième leçon est que l’échec d'Orban est d’abord économique. Une économie prétendument "souveraine", où l’Etat exerce sa férule sur le marché, réserve les commandes publiques à ses fidèles et asservit les institutions qui devraient jouir de l’indépendance (justice, banque centrale, cour constitutionnelle, médias…), ne fonctionne pas. Elle favorise le népotisme et la vénalité. Les Hongrois ont regardé les Polonais et les Baltes jouir ces dernières années d'un décollage économique fulgurant, quand eux souffraient de la pire inflation d’Europe. Leurs salaires figuraient parmi les plus bas du continent, quand certains proches d’Orban s’enrichissaient de manière éhontée.

Troisièmement, l’Europe sort renforcée de l’épreuve. Le vainqueur du scrutin, Peter Magyar, a promis que la Hongrie serait "de nouveau un pays européen". L’éviction d’Orban supprime les leviers que sa coopération offrait à Moscou et à Pékin pour peser sur les décisions de Bruxelles. Elle conforte l’Ukraine face à la Russie, en autorisant le déblocage prochain du méga prêt européen de 90 milliards d’euros en faveur de Kiev.

Quatrièmement, le résultat du scrutin inflige un revers cuisant à l’internationale illibérale. La française Marine Le Pen, l’allemande Alice Weidel, le néerlandais Geert Wilders, et même le vice-président américain J.D. Vance, avaient fait le déplacement à Budapest pour soutenir Orban dans sa campagne électorale. Sa défaite est aussi la leur. "Les sociétés n’ont pas besoin d’être libérales pour être démocratiques" déclarait le Premier ministre hongrois en 2014. Il justifiait ainsi sa triple opposition à l’Etat de droit, accusé d’imposer des normes juridiques insupportables, à l’intégration européenne, soupçonnée de brider la souveraineté, et au progressisme sociétal, qui minerait la cohésion et l’identité nationales. Orban était "Trump avant Trump", affirmait Steve Bannon. L’Amérique trumpiste voyait en lui le meilleur vecteur du combat qu’elle a déclaré à l’unification européenne. On ne voit pas qui aujourd’hui pourrait reprendre le flambeau avec autant d’efficacité que lui.

Son legs pourtant ne va pas s’évaporer de sitôt. Orban a perçu avant d’autres que la polarisation à outrance pouvait être une tactique gagnante ; que l’immigration incontrôlée était un repoussoir pour les peuples européens ; que l’insécurité culturelle générée par les bouleversements technologiques et sociétaux pouvait devenir un puissant carburant électoral. Ces leçons-là vont continuer à marquer l’Europe.

Malgré ses intuitions, Viktor Orban s’est heurté aux limites du système autocratique, déjà formulées au XIXe siècle par le Britannique Lord Acton : "Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu à corrompre absolument". Quand le pouvoir politique fusionne avec l’économique, le système cesse d’être au service de la nation pour se servir lui-même. Et c’est la dernière leçon de la défaite d’Orban : la démocratie libérale a beaucoup de défauts mais, comme aurait dit Churchill, les alternatives sont bien pires.

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