Cannes 2026 : en compétition, « Fatherland » creuse les ombres de l’histoire européenne, sur les pas de Thomas Mann
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Sandra Hüller (Erika) et Hanns Zischler (Thomas Mann), dans « Fatherland», de Pawel Pawlikowski. AGATA GRZYBOWSKA/PATHÉ FILMS SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION Le Polonais Pawel Pawlikowski est sans doute l’un des derniers maîtres du noir et blanc en activité. Il le prouve une nouvelle fois avec Fatherland, son dernier long-métrage en date, qui, après Ida (2014) et Cold War (2018), boucle un triptyque consacré au théâtre d’ombres de l’histoire européenne. D’où cette palette virtuose qui vise moins l’effet vintage qu’à creuser la texture de l’histoire elle-même, la matière d’un passé qui nous regarde encore aujourd’hui. Cold War racontait la passion d’un couple de musiciens qui, dans les années 1950, traversait le rideau de fer. Fatherland poursuit le même geste, en nous ramenant lui aussi aux prémices de la guerre froide. Il prend pour argument un moment, un simple épisode culturel de l’après-guerre allemand, en apparence anecdotique, mais qui fait résonner le spectre plus large d’une scission européenne, historique et existentielle. En 1949, le grand écrivain allemand Thomas Mann (Hanns Zischler), revenu de son exil américain, fait un retour triomphal dans l’Allemagne détruite et partitionnée. L’est et l’ouest du pays se disputent la présence et l’aura du Prix Nobel de littérature, auteur prophétique de La Montagne magique (1924). En compagnie de sa fille Erika (Sandra Hüller), il traverse le pays en voiture, de Francfort, occupée par les Américains, à Weimar, tenue par les Soviétiques. Il vous reste 73.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





