Bruno Retailleau accuse Emmanuel Macron d’être «l’otage des chantages mémoriels de l’Algérie»
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Bruno Retailleau accuse Emmanuel Macron d’être «l’otage des chantages mémoriels de l’Algérie» Par Aldric Meeschaert Le 2 mai 2026 à 23h17 Suivre Sujets Bruno Retailleau Emmanuel Macron Algérie Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Bruno Retailleau, le 5 mars 2026. JULIEN DE ROSA / AFP Dans un entretien au JDD, le patron des Républicains et candidat à la présidentielle accuse le chef de l’État de céder face à l’Algérie. Il dénonce une «dépendance idéologique», notamment sur les OQTF et la politique des visas. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Après les propos d’Emmanuel Macron sur les «mabouls» qui veulent «se fâcher avec l’Algérie», lors d’un déplacement dans un hôpital de l’Ariège, Bruno Retailleau hausse le ton. Dans un entretien accordé au JDD dimanche, le patron des Républicains accuse le chef de l’État de céder face à l’Algérie et de ne pas défendre suffisamment les intérêts français. «Ce mot de “maboul” n’a pas sa place dans la bouche d’un président de la République : il trahit une perte de sang-froid, un mépris aussi», estime-t-il. À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro Politique avec Yves Thréard «Une abdication de la fierté française» Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, le sujet dépasse sa personne. «Bien sûr que j’étais visé, mais le sujet ce n’est pas moi : c’est notre pays», affirme-t-il, accusant Emmanuel Macron de ne pas «faire respecter la France» ni «protéger les Français». «Les protège-t-on quand on accepte que des individus dangereux sous OQTF ne soient pas repris ? Non, et l’attentat de Mulhouse l’a montré», déclare-t-il. Bruno Retailleau dénonce une «dépendance idéologique» du président à l’égard d’Alger. «Emmanuel Macron est l’otage consentant des chantages mémoriels du gouvernement algérien», accuse-t-il, décrivant un régime qui «entretient une hostilité permanente envers la France pour masquer ses échecs». Il reproche notamment à l’Algérie de ne pas respecter l’accord de 1994 sur la reprise de ses ressortissants, dès lors que leur nationalité est établie. «C’est une abdication de la fierté française», assure-t-il. Passer la publicité Publicité Le chef de LR rejette également l’argument mis en avant par Emmanuel Macron sur les médecins algériens présents dans les hôpitaux français. «C’est un faux prétexte. Le sujet, ce ne sont pas les médecins, ce sont les étrangers dangereux sous OQTF», tranche-t-il. Selon lui, «dans les centres de rétention, les Algériens représentent plus de 40 % des profils les plus à risque». Bruno Retailleau lie cette ligne à une critique plus large de la politique mémorielle du chef de l’État. Il estime qu’Emmanuel Macron reste prisonnier de son discours de 2017, lorsqu’il avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité». «Il est en effet prisonnier de cette mauvaise conscience progressiste qu’est la repentance», affirme-t-il. Avant d’ajouter : «Aucune douleur ne donne le droit au gouvernement algérien de mépriser et d’insulter la France.» À lire aussi «La crainte vous paralyse» : dans sa lettre à Emmanuel Macron, Bruno Retailleau dénonce l’absence d’une politique de «fermeté» vis-à-vis de l’Algérie «La France doit être respectée» Au-delà du constat, Bruno Retailleau plaide pour un rapport de force fondé sur la «réciprocité». Interrogé sur une réduction des visas en cas de refus de coopération d’Alger, il répond avoir voulu «instaurer cette règle» lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, avant d’élargir : «Il faut donc une règle simple et claire : proportionner la délivrance des visas au niveau de coopération des pays d’origine sur les réadmissions». «En 2025, la France a délivré plus de 200 000 visas aux ressortissants algériens, alors même que les laissez-passer consulaires nous étaient accordés au compte-goutte», dénonce-t-il. Il juge par ailleurs insuffisants les résultats revendiqués par Laurent Nunez, Jean-Noël Barrot et l’Élysée dans la reprise du dialogue avec Alger. «Les résultats sont très faibles : moins d’une centaine d’OQTF exécutées depuis le début de l’année», affirme-t-il, estimant que parler de résultats «relève d’un mensonge». Bruno Retailleau appelle enfin à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968, qu’il juge «profondément déséquilibré et totalement anachronique». «Si j’étais demain en responsabilité, je le ferais dès les premiers mois», assure-t-il. À ses yeux, la relation avec Alger illustre l’un des principaux échecs diplomatiques d’Emmanuel Macron, notamment en Afrique. Sa ligne, conclut-il, est «claire» : «La France doit être respectée, et les Français protégés.»




