Boulangers, fleuristes, restaurants... Qui aura vraiment le droit d’ouvrir ce 1er mai ?
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Boulangers, fleuristes, restaurants... Qui aura vraiment le droit d’ouvrir ce 1er mai ? Par Martin Hézode avec AFP Le 30 avril 2026 à 07h00 Suivre Sujets 1er mai travail boulangeries Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Sébastien Lecornu a promis pour cette année «une instruction» destinée «à l’ensemble des services de l’État» pour que les boulangers et fleuristes indépendants puissent faire travailler leurs salariés, sur la base du volontariat. JackF / stock.adobe.com Avec les récents débats autour de l’élargissement du travail le 1er mai, il est difficile d’y voir clair. Quels commerces ont actuellement le droit d’ouvrir ce jour-là ? Quelles sont les dérogations supplémentaires accordées cette année ? Le Figaro fait le point. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Sommaire Qui a le droit de travailler actuellement ? Quelles dérogations existent ? Qui pourra ouvrir cette année ? Pourquoi des recours ont-ils été déposés ? Que prévoit le gouvernement pour 2027 ? Travaillera ou travaillera pas ? Ce 1er mai, en théorie le seul jour de l’année intégralement «férié et chômé» selon le Code du travail, promet d’être particulier, en pleins débats sur l’élargissement des possibilités de faire travailler des salariés ce jour-là. Le Figaro rappelle les règles en vigueur aujourd’hui et ce qui pourrait changer cette année, puis à partir de 2027. Qui a le droit de travailler actuellement ? Le Code du travail prévoit que «dans les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail, les salariés occupés le 1er mai ont droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire», à la charge de l’employeur. Hôpitaux, hôtels ou encore usines dont les machines tournent en continu et ne peuvent pas être arrêtées sous 24 heures – dans l’énergie notamment - entrent dans le champ de cette dérogation, mais la législation ne cite pas les secteurs concernés. Passer la publicité Publicité Quelles dérogations existent ? Une position ministérielle, confirmée par Martine Aubry en 1986 alors qu’elle était directrice des relations du travail au ministère du Travail, indiquait que certains secteurs qui avaient le droit de déroger pour leurs salariés à la règle du repos dominical, comme la boulangerie, pouvaient aussi les faire travailler le 1er mai. Cela a depuis été contredit par la Cour de cassation qui a tranché en 2006 contre l’idée d’une dérogation automatique pour le travail le 1er mai. Tout employeur qui veut faire travailler ses salariés ce jour-là doit pouvoir prouver qu’il ne peut interrompre son activité. Une zone grise juridique, que le gouvernement souhaitait clarifier en soutenant une proposition de loi visant à formellement autoriser certains secteurs à travailler le 1er mai : boulangers, fleuristes, enseignes culturelles... Face à la levée de boucliers des syndicats, le gouvernement s’est finalement ravisé pour cette année, annonçant la rédaction d’un projet de loi pour 2027. Ce dernier aura vocation à clarifier le cadre du travail des boulangeries et des fleuristes le 1er mai. Qui pourra ouvrir cette année ? En attendant le futur projet de loi, Sébastien Lecornu a promis pour cette année «une instruction» destinée «à l’ensemble des services de l’État» pour que les boulangers et fleuristes indépendants puissent faire travailler leurs salariés, sur la base du volontariat. Ce mercredi, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a toutefois assuré n’avoir «donné aucune instruction en quoi que ce soit auprès des inspecteurs du travail» pour ne pas sanctionner ces commerçants, mais a dit miser sur «l’intelligence collective» pour leur permettre de travailler avec leurs salariés, sous réserve de volontariat. La situation est plus claire pour les cafés et restaurants. Un usage administratif, réaffirmé en 2016 par le ministère du Travail, veut que «les établissements de restauration de toute nature (restauration sur place et à emporter, restauration rapide, etc.), du fait de la nature de leur activité, participent à la continuité de la vie sociale en concourant à la satisfaction d’un besoin essentiel du public. À ce titre, les établissements entrent dans le champ de la dérogation au chômage du 1er mai tel que défini par l’article L. 3133-6 du Code du travail». Les cafés et restaurants pourront donc ouvrir, à condition que leurs salariés se portent volontaires et soient payés double. Pourquoi des recours ont-ils été déposés ? La dérogation accordée cette année par le gouvernement aux fleuristes et aux boulangers pourrait toutefois se heurter au Conseil d’État, saisi par le syndicat Sud, la CGT et des députés écologistes, pour demander la suspension de la décision de Sébastien Lecornu. Ces trois recours en référé contestent les deux dernières phrases du communiqué publié par le gouvernement le 17 avril. «Les services de l’État vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi. Le Gouvernement met ainsi en œuvre son engagement de soutenir les boulangers pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes, en apportant un cadre juridique clair et sécurisé à leur activité», indiquait Matignon dans ce communiqué. Passer la publicité Publicité Ces deux phrases, assurent les requérants, ont instauré «une tolérance administrative» dans les contrôles du travail salarié le 1er mai, ce que le gouvernement conteste, assurant qu’il ne remettait pas ici en cause le cadre juridique autour du 1er mai. Mais mardi soir, le gouvernement a «retiré» ce communiqué pour le remplacer par un nouveau, afin de «clarifier» sa position, ont signalé les représentants de l’exécutif mercredi lors de l’audience. La décision du Conseil d’État est attendue avant vendredi. Que prévoit le gouvernement pour 2027 ? Le projet de loi annoncé mi-avril par Sébastien Lecornu, et présenté mercredi au Conseil des ministres, prévoit que «dans les conditions fixées par un accord de branche», les boulangers-pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes pourront faire travailler des salariés volontaires le 1er mai, avec une rémunération doublée. L’accord de branche devra notamment préciser les conditions du recueil de l’accord du salarié volontaire et les modalités de prise en compte d’un changement d’avis.



