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Bally Bagayoko, LFI et CNews: une histoire qui tourne mal

سياسة
L'Express
2026/04/04 - 05:00 501 مشاهدة

Un "philosophe" devrait savoir raisonner, et se raisonner ; Michel Onfray ne devrait pas assimiler un maire LFI, d’origine malienne, à un "mâle dominant" de "tribu primitive". Un psychologue devrait savoir analyser, s’autoanalyser aussi ; pourquoi donc Jean Doridot a-t-il ressenti le besoin de rappeler que "nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes", pour décrypter l’installation de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis ? Il existe pourtant tant d’expressions politiques, et démocratiques, pour qualifier, critiquer La France insoumise et ses membres. Mais le choix des mots est déjà une interprétation du monde. À travers les propos racistes de ces deux intervenants habituels de la chaîne, celle que donne à voir CNews est sans équivoque.

La France insoumise et le canal 14 de la TNT ont pris l’habitude de se parler de loin, de s'alimenter dans de mutuelles attaques. L’année dernière, un cadre du mouvement l’admettait sous cape : il préférait répondre aux interviews sur les ondes de Vincent Bolloré plutôt que sur celles de l’hypocrite service public. Une façon, aussi, de mettre en scène un face-à-face souhaité avec l’extrême droite, dont son corollaire médiatique. Mais la séquence est venue parfaire la réputation de CNews. Depuis, l’édile a déposé plainte pour "injures publiques en raison de l’ethnie, la nation, ou la religion" et pour "diffamation". Une enquête a été ouverte. Bally Bagayoko réclame aussi la fermeture de la chaîne. "Est-ce que nous sommes obligés d’avoir une offre médiatique avec des chaînes racistes comme CNews et d’autres ? Moi je dis que non", dit-il à l’AFP. Le mouvement avait pris l’habitude d’effectuer des signalements à l’Arcom, mais jamais il n’avait formulé une telle demande. Fini de jouer.

L’ancien cadre à la RATP et professeur de basket au verbe calme, que l’on dit proche du siège puisqu’il était rapporteur du "livret sport" à La France insoumise, cultive, depuis son élection, une forme d’indépendance à l’égard de sa formation politique. Langagière, parfois. Il conteste le terme "racisé", répandu en Mélenchonie, lui préfère celui "d’héritier de l’immigration". Une indépendance politique, aussi ? L’édile a annoncé entrer dans "un processus de désarmement" de la police municipale dionysienne, en débutant par le retrait des lanceurs de balles de défense (LBD). La promesse de campagne avait valu à l’insoumis les attaques de son concurrent. "Sur le terrain, il y a une mobilisation d’un certain nombre de voyous qui ne se cachent pas de voter LFI pour, je cite, en finir avec la 'mumu' [police municipale, NDLR]", affirmait Mathieu Hanotin, son prédécesseur socialiste. Des informations confirmées par deux sources policières jointes par L’Express, dans une précédente enquête. "Les policiers municipaux auront potentiellement encore des armes à feu" d’ici à la fin de son mandat, dit Bagayoko au micro de France Inter, depuis qu'il a enfilé son costume de maire. Pas tout à fait en phase avec l’objectif de désarmement de la police municipale, fixé par la formation mélenchoniste.

Élu dès le premier tour à Saint-Denis, Bally Bagayoko a, en partie, émergé nationalement par la polémique raciste. Au soir du suffrage, une phrase qu’il prononce au micro de LCI sur le parvis de la mairie, celle de Jean Marcenac parlant de Saint-Denis comme "La ville des rois morts et du peuple vivant", est travestie par les janissaires de CNews et de l’extrême droite sur X - qui l’accusent d’avoir parlé de "ville des noirs". Une fausse information reprise dans quelques-uns des plus grands médias. Ce racisme "sera un élément d’appui pour construire des choses", dit-il au Monde.

À Saint-Denis, vitrine de la Nouvelle France "créolisée", chère à Jean-Luc Mélenchon, il organise samedi 4 avril un rassemblement pour lutter contre le fléau. Le patriarche insoumis et la secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier, seront présents. Olivier Faure, lui, sera absent, mais son entourage assure qu’il y sera représenté. Comme Fabien Roussel. L’édile, retenu à Saint-Amand-les-Eaux, appelle également les communistes à s’y rendre. La gauche sera presque réunie autour d’une cause, et d’un insoumis. Et c'est heureux.

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