Avec « Quintett », « Trio » et « Enemy in the Figure », la déflagration Forsythe au Théâtre de la Ville à Paris
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« Enemy in the Figure », de William Forsythe, créé en 1989 par le Ballet de Francfort et entré au répertoire du Ballet de l’Opéra national du Rhin en 2023, lors d’une représentation à l’Opéra de Strasbourg, en février 2025. AGATHE POUPENEY/DIVERGENCES-IMAGES/PHOTOSCENE/THÉÂTRE DE LA VILLE DE PARIS Ce qu’on vient voir ou revoir, samedi 25 avril, au Théâtre de la Ville, à Paris, ce sont d’abord les pièces historiques ensorcelantes d’invention et de beauté de William Forsythe, 76 ans, maître américain du classique contemporain déjeté. Ce qu’on attend dans la foulée, c’est le talent des danseurs du Ballet de l’Opéra national du Rhin, dirigé depuis 2017 par Bruno Bouché, à s’emparer de ce répertoire exceptionnel. Oui ou non, vont-ils enjamber les mille et un obstacles de l’écriture sur les nerfs et fourmillante de Forsythe ? Et alors ? La soirée, qui ouvre avec Trio (1996) et Quintett (1993), puis grimpe en tension grâce à l’inoubliable Enemy in the Figure (1989), est une merveille. Les trois œuvres de Forsythe, qui datent pourtant des années 1990, semblent sortir du four ; les interprètes, tous singuliers, relèvent le défi de ces morceaux de bravoure. En présence de cette star absolue de la danse qu’est Forsythe, le programme a été acclamé par le public. Longtemps, trop longtemps que l’on n’avait pas eu la chance d’être bouleversé et secoué par ce style déflagrant, nettoyage de fond en comble du vocabulaire classique dont il ne reste que des lignes à vif. A la tête du Ballet de Francfort de 1984 à 2004, puis avec la Forsythe Company de 2005 à 2015, le chorégraphe, qui cite alors Jacques Derrida (1930-2004), Gilles Deleuze (1925-1995) ou l’architecte déconstructiviste Daniel Libeskind en références, fait parler de lui avec des créations fracassantes. Désormais réfugié au cœur des forêts du Vermont (Etats-Unis), il poursuit sa recherche. Il vous reste 75.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





