Avec « Filles maudites », l’écrivaine nigériane Oyinkan Braithwaite joue du thriller et du fantastique pour explorer la condition féminine à Lagos
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A Ajegunle, un quartier pauvre de Lagos (Nigeria). JACOB SILBERBERG/PANOS-REA « Filles maudites » (Cursed Daughters), d’Oyinkan Braithwaite, traduit de l’anglais (Nigeria) par Christine Barbaste, La Croisée, 368 p., 23 €, numérique 15 €. Lagos, la plus grande ville du Nigeria – près de 20 millions d’habitants –, réputée pour sa croissance démographique rapide, ses écarts de richesse, ses îles, son industrie du cinéma et ses embouteillages, est le meilleur endroit pour se débarrasser d’un cadavre. Ainsi parlait Oyinkan Braithwaite, lors de la parution en France de son premier roman, Ma sœur, serial killeuse (La Croisée, 2019). L’écrivaine, née dans la mégapole nigériane en 1988, y relatait avec mordant les efforts de Korede pour éviter la prison à sa sœur adorée, dont le seul vilain défaut était de tuer ses amants. Chargeant leurs corps dans son coffre, Korede traversait la ville sans craindre d’être arrêtée par la police. Si Oyinkan Braithwaite est restée fidèle à Lagos, l’autrice a occupé ses deux romans suivants à creuser la complexité des liens familiaux dans une atmosphère de plus en plus inquiétante et fantasmagorique. Ainsi, quand le bref L’Une ou l’autre (La Croisée, 2023) imaginait un homme confiné durant la pandémie de Covid-19 avec deux femmes se revendiquant chacune comme la mère de son bébé, son nouveau livre remonte le fil d’une malédiction pesant sur les femmes d’une même lignée. Il vous reste 59.83% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



