Avec « Art brut en Suisse. Des origines de la collection à aujourd’hui », des indociles créations exposées à Lausanne
✨ AI Summary
🔊 جاري الاستماع
« Sans titre » (1979), de Benjamin Bonjour. COLLECTION DE L’ART BRUT, LAUSANNE Tout a commencé ici. A Lausanne, dans le décor feutré du château de Beaulieu, élégante bâtisse du XVIIIe siècle devenue, il y a un demi-siècle, le premier port d’attache de l’art brut. A l’origine, la mirifique donation de 5 000 œuvres amassées par l’artiste Jean Dubuffet (1901-1985), un geste fondateur qui allait faire basculer les marges au cœur de l’histoire de l’art. La Collection de l’art brut célèbre cet anniversaire en exposant 300 œuvres produites en Suisse, et remonte ainsi le fil d’une histoire singulière, scellant le tête-à-tête entre cet art « farouche et furtif comme une biche », selon les mots du peintre, et un pays policé, capable certes d’accoucher d’un mouvement de révolte et de dérision comme Dada, mais foncièrement conservateur. « Un retour aux sources », résume en souriant Sarah Lombardi, qui dirige l’institution helvétique depuis 2012. C’est en Suisse, en effet, que Jean Dubuffet a mené, à partir de juillet 1945, ses premières explorations dans les milieux asilaires. Guidé par des psychiatres d’avant-garde comme Walter Morgenthaler, médecin-chef de l’asile de la Waldau, à Berne, ou Hans Steck, directeur de l’asile de Cery, le peintre français a pisté des œuvres produites par des cabossés de la vie, souvent d’origine modeste, affranchis des normes sociales et du conditionnement culturel : internés et prisonniers, marginaux tourmentés et autodidactes, asociaux et solitaires. Des créateurs qui ne se considéraient pas comme tels et ne briguaient aucune reconnaissance. Il vous reste 82.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





