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Aux municipales, la débâcle des écologistes : "Les maires RN ont adopté une approche moins clivante"

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L'Express
2026/03/23 - 15:00 502 مشاهدة

La "vague" écologiste de 2020, ne serait-elle finalement qu'une parenthèse ? Sur les neuf grandes villes remportées six ans plus tôt, six ont été perdues ce dimanche 22 mars, au soir du second tour des élections municipales. A Bordeaux, Pierre Hurmic chute face au macroniste Thomas Cazenave tandis qu'à Strasbourg, Jeanne Barseghian est nettement devancée par Catherine Trautmann, l'ancienne maire socialiste. Même scénario à Besançon, où l’édile sortante s’incline face à un candidat LR, et à Poitiers, où la maire écologiste est battue dans une triangulaire. A Annecy comme à Colombes, enfin, les maires écologistes cèdent également leur fauteuil.

Face à l'ampleur du reflux, les Verts se consolent depuis, avec la réélection de Grégory Doucet dans la ville des Gones. Mais celle-ci reste courte, le maire sortant n'ayant devancé Jean-Michel Aulas que d'un point, et n'aurait pas été possible sans le ralliement à La France insoumise, scellé au lendemain du premier tour. Par ailleurs, la mauvaise campagne de l'ancien patron de l'Olympique lyonnais a probablement aidé à la victoire de l'écologiste, donné perdant dans toutes les configurations voilà encore quelques semaines.

Mais alors, comment expliquer un tel désaveu des écologistes, alors même que la question environnementale continue à figurer parmi les premières préoccupations des Français derrière le pouvoir d'achat et la sécurité ? Si leur capitaine, Marine Tondelier, concède à demi-mot des "erreurs de communications", les raisons de cet échec cuisant pourraient bien être plus profondes, comme l'analyse Marc Le Chevallier, politologue et chercheur franco-britannique au UCL Policy Lab.

L'Express : Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Poitiers… Comment expliquer que les écologistes ne soient pas parvenus à se maintenir dans la plupart des grandes villes remportées en 2020, alors même que la préservation de l'environnement figure encore parmi les principales préoccupations des Français ?

Marc Le Chevallier : Le mouvement écologiste — le parti comme ses militants — souffre aujourd’hui d’un problème flagrant de popularité. Un sondage de la FondaPol montre que près de neuf Français sur dix le considèrent déconnecté des réalités du terrain, même si une majorité conserve une certaine sympathie pour les causes défendues.

Selon moi, cela tient notamment à une approche trop dogmatique et verticale, qui impose des mesures écologiques "par le haut" sans véritablement inclure le citoyen. On a parfois l’impression que certaines figures du mouvement cherchent d’abord à satisfaire leurs militants les plus radicaux, en s’enfermant dans des positions culturelles ou politiques qui braquent une majorité de citoyens.

Or, l’écologie devrait, par définition, être une thématique transpartisane. Le mouvement écologiste n’a peut-être pas suffisamment cherché à partir des habitudes, des réalités et des appartenances des citoyens ordinaires — ce qui peut expliquer en partie ses défaites.

Leur rapprochement au cours de leur mandat et pendant les élections avec LFI a-t-il pu également constituer un repoussoir ?

S’associer avec LFI peut effectivement créer une forme de rejet ou de distance avec une partie importante des Français. Et, d’une certaine manière, cela peut contribuer à reléguer la cause écologique au second plan. Mais cela va dans le sens d’un parti écologiste qui se concentre davantage sur des logiques politiques assez contraintes, parfois élitistes, et déconnectées des préoccupations concrètes des citoyens, plutôt que sur l’écologie elle-même.

Il y a encore quelques années, le RN et les écologistes avaient en commun d’être perçus comme des partis militants, amateurs. Aujourd’hui, on voit que le RN confirme ses victoires — avec des maires réélus dès le premier tour — ce qui n’est pas le cas des écologistes. Comment expliquez-vous ce hiatus ?

Les municipalités RN ont eu tendance à adopter une approche moins clivante au fil des dix à quinze dernières années. A l’inverse, les maires écologistes ont souvent cherché à opérer des changements assez radicaux, qui touchaient directement aux habitudes des habitants, ce qui a pu générer des tensions. Le RN, de son côté, s’est appuyé sur des thématiques plus consensuelles et immédiatement perceptibles pour les citoyens : la sécurité, certains marqueurs culturels locaux, ou encore la fiscalité.

Certaines municipalités écologistes ne se sont-elles toutefois pas distinguées par une approche moins dogmatique ?

Evidemment oui. Il ne s'agit d'ailleurs pas de dire que l’écologie politique serait impossible ou mauvaise. Je critique ici une frange du mouvement écologique qui domine le débat public. D'autant qu’au niveau local, il n’y a pas de rejet massif de l’écologie, — au contraire ! D'après une étude menée auprès de 3 000 élus municipaux de tous bords politiques, 70 % considèrent la préservation de l’environnement comme une priorité pour le prochain mandat, contre seulement 29 % pour la sécurité. Cela montre que l’écologie est bien une priorité locale — et c’est une bonne chose.

Les maires qui réussissent sont ceux qui justifient leurs politiques écologiques à partir de préoccupations concrètes des citoyens, comme la qualité de vie ou l’environnement immédiat, plutôt que par un projet idéologique global qui pourrait les éloigner. Et surtout, leur proximité avec les habitants — notamment dans les petites communes — leur permet de mieux expliquer leurs décisions et d’impliquer les citoyens, contrairement à une approche plus descendante et dogmatique.

Dans une note que vous préparez pour l'Institut Thomas More et Nuances D’Avenir et qui paraîtra en juin prochain, vous défendez l'idée d'une écologie enracinée par opposition à une écologie plus dogmatique. Concrètement, qu'est-ce qui distingue ces deux modèles ?

L’idée centrale est que l’écologie est avant tout une relation concrète et culturelle à la nature. Elle renvoie à la manière dont nous occupons les espaces naturels - à travers l’agriculture, les métiers, les traditions locales, le langage ou encore le patrimoine. C’est cette relation qui nourrit un attachement — on pourrait même parler d’amour ou de fierté — pour un environnement local et sa préservation. Le philosophe britannique Roger Scruton parlait à ce sujet de "oikophilia", c’est-à-dire l’amour du foyer, du local, du territoire.

A l’inverse, ce que j’appelle l’écologie dogmatique — qui domine aujourd’hui l’espace public — tend à déraciner le citoyen de son rapport à la nature. Elle le coupe de ses appartenances locales et présente la nature comme une entité abstraite, presque désincarnée. Tout devient alors affaire de chiffres et d’objectifs abstraits : limiter le réchauffement à deux degrés, réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030… Mais cela ne constitue pas un rapport culturel, charnel et local à l’environnement.

Or, cet attachement au local est un pilier essentiel de l’écologie enracinée. Il devient même un principe d’action. En réalité, ce terme ne fait que rendre explicite quelque chose qui existe déjà de manière implicite à travers le pays : des millions de Français — agriculteurs, scouts, chasseurs, bénévoles — qui contribuent concrètement, au quotidien, à la préservation de leur environnement.

Cela contraste fortement avec une écologie dogmatique qui impose, parfois de manière technocratique, des politiques environnementales comme s’il s’agissait d’un plan industriel. L’écologie enracinée, au contraire, adopte une posture de jardinier : il s’agit d’irriguer et de soutenir la diversité d’initiatives locales, culturelles et citoyennes qui participent déjà à la protection de la nature.

Reste que les politiques environnementales se heurtent souvent aux intérêts d’acteurs économiques fragiles, comme les agriculteurs ou les éleveurs. N’est-ce pas idéaliste de penser qu’il est possible de concilier ces deux impératifs ?

Je dirais que c’est précisément là que l’écologie enracinée peut aider à dépasser ces oppositions — ou en tout cas à les atténuer. Je parle bien d’aider, pas de les faire disparaître totalement. Prenons l’exemple de l’agriculture : en France, il n’y a pas d’environnement sans agriculture. Comme le montre Fernand Braudel dans L’Identité de la France, le territoire français est façonné depuis des siècles par le travail des paysans.

C’est aussi ce que défendaient Bernard Charbonneau et Jacques Ellul : les Français n’ont jamais vécu dans une nature abstraite, mais dans des milieux transformés par des pratiques agricoles concrètes. Dès lors, il est difficile d’imaginer des politiques environnementales qui se construiraient contre les agriculteurs. Au contraire, elles devraient reconnaître et valoriser leur rôle central dans tout projet écologique, à l’échelle nationale comme locale.

Evidemment, il ne faut pas être naïf ; certaines pratiques agricoles, développées ces dernières décennies, ne sont pas toujours compatibles avec les exigences écologiques. Des ajustements, voire des sacrifices, seront nécessaires. Mais la question n’est pas seulement celle de l’ampleur de ces sacrifices — elle est aussi celle de la manière dont on les justifie.

Si l’on impose des politiques par le haut, au nom d’objectifs abstraits — comme la réduction de X % des émissions de CO₂ — on risque de braquer les agriculteurs. En revanche, si ces efforts sont justifiés par la préservation de leur environnement local, par l’attachement au territoire, par la protection de ressources auxquelles ils sont eux-mêmes profondément liés, alors ces politiques deviennent plus compréhensibles et plus acceptables.

Maintenant qu'une majorité de partis politiques proposent dans leur programme des mesures environnementales - à différents degrés bien sûr - y a-t-il encore un sens à avoir un parti écologiste ?

Bernard Charbonneau, l’un des pères fondateurs de l’écologie en France, expliquait que l’écologie devait être à la fois de droite et de gauche. De droite, parce qu’elle est fondamentalement conservatrice : elle vise à préserver les milieux locaux, les cultures et les traditions qui maintiennent le lien entre l’homme et la nature. De gauche, parce qu’elle entend redonner du pouvoir et de la liberté aux citoyens face à des structures économiques ou industrielles jugées trop dominantes.

Son discours était parfois radical, et je ne m’y retrouve pas entièrement. Mais cette grille de lecture reste pertinente pour éclairer le paysage actuel, où l’on peut distinguer une écologie davantage ancrée dans la conservation des territoires, et une autre plus idéologique. Cela étant dit, Charbonneau insistait aussi sur un point essentiel : l’écologie ne doit pas devenir une idéologie détachée des réalités locales. Elle ne doit pas être seulement une idée, mais une expérience vécue.

Il appelait à une écologie conçue comme un mouvement culturel et social, partant du bas, capable de transformer progressivement les pratiques jugées nocives ou polluantes. L’écologie ne devrait ainsi pas être partisane ni devenir une idéologie rigide pour laquelle tout pourrait être sacrifié.

Quid des autres partis écologistes en Europe, perdent-ils également du terrain ? Adoptent-ils un discours différent des écologistes en France, à l'instar de cette écologie enracinée ?

On peut évoquer le cas du Royaume-Uni, qui est intéressant. Il existe là-bas une tradition ancienne, notamment dans les milieux conservateurs, d’attachement à la nature et à l’environnement local. Cet ancrage culturel a longtemps permis de soutenir des politiques écologiques ambitieuses, en s’appuyant sur des pratiques concrètes : agriculture, chasse, gestion des paysages… On retrouve ici une forme d’écologie enracinée, fondée sur des habitudes et des attachements réels.

En parallèle, le Parti vert britannique gagne aujourd’hui en visibilité. Mais il tend aussi à évoluer vers une position plus radicale, en attirant notamment des électeurs déçus par l’évolution plus centriste du Parti travailliste sous Keir Starmer, et auparavant proches de Jeremy Corbyn. Le risque, à terme, c’est que l’écologie soit perçue comme associée à un ensemble de positions politiques et culturelles clivantes. Cela pourrait nourrir une forme de polarisation voire une "guerre culturelle" autour de l’écologie, à l'image de ce que l'on observe en France.

Dans ce scénario, certains partis pourraient être tentés de rejeter en bloc l’écologie, en l’assimilant à un agenda idéologique plus large. Et c’est précisément ce qu’il faut éviter. Une écologie trop partisane, trop attachée à des marqueurs idéologiques exclusifs, peut finir par desservir la cause écologique elle-même sur le long terme.

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