Arsenal-Atlético : Diego Simeone, l’écorché vif qui court toujours après la Ligue des champions
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Arsenal-Atlético : Diego Simeone, l’écorché vif qui court toujours après la Ligue des champions Par Sébastien Ferreira Le 5 mai 2026 à 07h11 Suivre Sujets Diego Simeone Atlético Madrid Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Diego Simeone a récemment fêté ses 1.000 matches dans sa carrière d’entraîneur, dont près de 800 à l’Atlético de Madrid. Zuma / Icon Sport PORTRAIT - Entraîneur sulfureux, adepte d’un football rigoriste qu’il a su faire évoluer, Diego Simeone rêve de ramener la Ligue des champions à l’Atlético de Madrid depuis près de 15 ans. Sa quête se poursuit mardi à Londres. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Ce sont des bougies que très peu d’entraîneurs ont l’occasion de souffler au sein d’un club. D’ici à la fin du printemps, Diego Simeone va atteindre la barre des 800 matches sur le banc de l’Atlético de Madrid. Depuis sa nomination un soir de décembre 2011, le voisin et rival, le Real, a utilisé 8 coaches différents, le FC Barcelone 9, et un grand club européen comme Chelsea 14 ! À découvrir Calendrier et résultats Ligue des champions Classement Ligue des champions Une longévité rarissime, d’autant plus singulière dans le football moderne, toujours plus impatient. Cette fidélité a été récompensée par des trophées, mais il y en a un qui manque, le plus prestigieux. Ce mardi soir (21h), l’Atlético a rendez-vous sur la pelouse d’Arsenal, en demi-finale retour de Ligue des champions. «Qu’est-ce qui nous attend ? Un défi extraordinaire», salivait Simeone quelques minutes après le match nul concédé à l’aller une semaine plus tôt (1-1). À l’heure de se présenter devant les micros de la presse, la tension était redescendue, elle qui est toujours maximale quand le «Cholo» est là. Passer la publicité Publicité Parrain de la mafia et «grinta» Un instant plus tôt, il s’en était pris au défenseur anglais Ben White, coupable d’avoir marché sur le logo de l’Atlético posé devant le tunnel pour rentrer aux vestiaires. Quelques tapes énergiques dans le dos pour recadrer le Londonien à sa manière, avec l’appui de son fils Giuliano, qui évolue sous ses ordres. Quatre mois plus tôt, c’est avec Vinicius, attaquant vedette du Real Madrid, qu’il s’écharpait en demi-finale de Supercoupe d’Espagne (défaite 2-1). Ses mots adressés au Brésilien («Florentino Pérez va te virer du Real») auraient mis le feu aux poudres. «Je ne me souviens pas, j’ai une mauvaise mémoire», avait osé l’entraîneur argentin. À VOIR AUSSI - «Tu es une personne admirable» : l’hommage de Diego Simeone à Antoine Griezmann le 7 avril dernier Simeone est un écorché vif, un homme de théâtre, capable de se rouler par terre ou de postillonner sur un arbitre-assistant lorsqu’une décision ne lui plaît pas. Mâchoire serrée, cheveux gominés fut un temps, souvent vêtu d’un costume intégralement noir, ce personnage sulfureux au faux air de parrain de la mafia a façonné l’identité de l’Atléti. «Il inculque cette grinta. Il est convaincu que plus ta goutte de sueur est grosse, mieux tu joues le week-end», nous expliquait Omar Da Fonseca, ancien attaquant international argentin et consultant pour beIN Sports. Un entraîneur à l’image de l’ancien joueur Dans un entretien accordé à L’Équipe en 2017, le principal intéressé se décrivait ainsi : «J’ai le caractère rebelle du football argentin, la capacité d’association du football espagnol et la capacité tactique du football italien. Ces trois meilleures facettes de chacun de ces pays, je les ai en moi. Ça me donne la possibilité de jouer de différentes manières.» Il a néanmoins souvent adopté un style minimaliste, basé sur la solidité défensive. «Il est plus intéressé par l’idée de faire perdre l’adversaire que de gagner. Pour lui, forcer l’erreur est plus important que de créer la vertu», complète Da Fonseca. C’est ainsi qu’il a soulevé 8 trophées à Madrid, dont deux fois la Liga (2014 et 2021), mais aussi échoué deux fois en finale de la Ligue des champions (2014 et 2016) à chaque fois face au Real. Mais échouer et se relever fait partie de l’ADN de Simeone le coach, qui ressemble beaucoup à Simeone le joueur, ancien milieu défensif rugueux aux 106 sélections avec l’Abiceleste, tout en ayant fait les beaux jours de Séville, la Lazio Rome, l’Inter Milan et, bien sûr, l’Atlético. La peur te rend rebelle. La peur te fait rester en alerte. Être tranquille, c’est toxique. Diego Simeone à L’Équipe en 2017 Passer la publicité Publicité Ses sensations avant les matches n’ont d’ailleurs pas changé. «À chaque fois que commence un match, j’ai peur. Et c’est la même peur que quand je jouais. Et celui qui me dit : “Comment ça, tu as peur?” Eh bien si, j’ai peur. Parce que la peur te rend meilleur. La peur te rend rebelle. La peur te fait rester en alerte. Être tranquille, c’est toxique», prônait-il à L’Équipe en 2017. Son feu intérieur brûle encore ardemment à 56 ans, et son équipe, toujours composée de quelques fidèles (Jan Oblak, Koke, Antoine Griezmann...), a su évoluer. L’Atlético a inscrit 35 buts en 15 matches de Ligue des champions cette saison. «Il a réussi, on va dire, à se battre contre ses gènes, contre sa fibre», estimait Peter Luccin, ancien joueur français du club entre 2004 et 2007, auprès de RMC . Et ainsi donner une seconde vie au «Cholismo», le nom donné au football prôné par le «Cholo», son surnom attribué par un de ses coaches plus jeune, en hommage à un ancien footballeur, Carmelo Simeone. «Qu’est-ce que “Cholo” veut dire ? Je n’en ai aucune idée», a confié Diego Simeone sur les ondes de la Cadena SER. Ce mot, il l’a façonné avec les ingrédients qui lui parlent. Une fureur de vivre, une rage de vaincre, un sens aiguisé du collectif, se battre pour soi et pour les autres, se complaire dans ce rôle du «club du peuple» là où le Real représente l’establishment. Tout ça avec une science affinée du coaching. «La différence entre un entraîneur et un autre ne se fait pas sur la capacité à entraîner. Elle se fait sur la capacité à choisir le moment où il faut parler et celui où il faut se taire», disait Simeone. Mardi, pendant 90 minutes et peut-être un peu plus, ce sera à ses joueurs de parler pour lui.





