... | 🕐 --:--
-- -- --
عاجل
⚡ عاجل: كريستيانو رونالدو يُتوّج كأفضل لاعب كرة قدم في العالم ⚡ أخبار عاجلة تتابعونها لحظة بلحظة على خبر ⚡ تابعوا آخر المستجدات والأحداث من حول العالم
⌘K
AI مباشر
15579 مقال 463 مصدر نشط 38 قناة مباشرة 2947 خبر اليوم
آخر تحديث: منذ 4 ثواني

Apprendre à l'ère de l'IA : "ChatGPT ne remplacera jamais un bon prof..."

العالم
L'Express
2026/03/24 - 10:14 502 مشاهدة

"Les maîtres d'école sont des jardiniers en intelligences humaines". C’est avec les mots de Victor Hugo que le directeur de la rédaction de L’Express, Eric Chol, a ouvert lundi 23 mars un colloque consacré à l’éducation, une première édition autour du thème : "Apprendre et se former à l’ère de l’IA". Dans le public, des élèves, des enseignants, des parents, des cadres, des entrepreneurs… Autant de populations confrontées à la révolution de l’intelligence artificielle et qui ont tout intérêt à cultiver le jardin des savoirs pour ne pas se laisser distancer par le progrès technologique.

Dans un théâtre Marigny plein à craquer, les débats ont débuté avec un duo au sommet de l’enseignement supérieur européen, une conversation franco-italienne entre deux directeurs qui se connaissent bien, Éloïc Peyrache, doyen et directeur général d'HEC Paris et Francesco Billari, recteur de l'université Bocconi. Leurs établissements ont cocréé un Bachelor, double diplôme en sciences des données et en sciences sociales. Ils font aujourd’hui face aux mêmes défis. "L’intelligence artificielle challenge notre quotidien mais c’est aussi une fantastique opportunité. Il est certain que désormais, les étudiants doivent être capables de poser des questions et d’interpréter les réponses de l'IA plutôt que de simplement réaliser un PowerPoint", estime Francesco Billari. Son homologue français abonde : "La meilleure façon d’être remplacé, c'est de devenir un passe-plat. Il va falloir continuer à penser, à développer des compétences". Et pour éviter l’atrophie cognitive, "le campus est central. Il faut préserver l’interaction, développer des compétences sociales, émotionnelles, humaines", ajoute le recteur de l’école milanaise. Sentiment partagé par son confrère : "La question du lien et du collectif va gagner en importance, c’est pourquoi nous investissons massivement dans nos installations". Pour le bien-être des étudiants, comme du corps professoral.

Pour Olivier Sibony, "la valeur de l'escalade est dans le chemin"

Et au sein des entreprises ? Si l’IA est amenée à prendre des décisions, les managers ne risquent-ils pas de perdre une partie de leur liberté, de leur autonomie ? Un professeur de stratégie à HEC Paris répond à cette interrogation. Olivier Sibony est l’auteur, avec Eric Hazan, de Faut-il encore décider ? La décision humaine à l’heure de l’intelligence artificielle (Flammarion). Dans beaucoup de secteurs, s’en remettre à la machine peut-être un gage d’efficacité et de fiabilité. Mais certaines compétences ne sauraient être déléguées. Confier des décisions de justice à l’IA paraît ainsi totalement exclu. "La justice consiste à suivre une procédure, à respecter des formes, à entendre des témoins dans un certain ordre", explique Olivier Sibony. A l'en croire, la méthode, qui mène à la décision, prévaut sur le résultat. "L'alpinisme, ce n’est pas prendre un hélicoptère pour arriver au sommet de la montagne. La valeur de l'escalade est dans le chemin, pas dans le fait d'arriver au but", rappelle-t-il.

Colloque Education de L'Express, au Théâtre Marigny à Paris, le 23/03/2026.
Colloque Education de L'Express, au Théâtre Marigny à Paris, le 23/03/2026.

Pour entreprendre une ascension, mieux vaut être équipé. Allier technologie et formation tout au long de la vie, c’est la mission des nombreuses start-up de l’Edtech. "La révolution de l’IA est technologique et civilisationnelle. Aussi forte que le début de l’Internet, elle se distingue par sa vitesse d’adoption. Il n’a fallu que deux mois à ChatGPT pour atteindre 100 millions d’utilisateurs contre 7 ans et demi pour Internet", souligne Marie-Christine Levet, fondatrice du fonds d’investissement Educapital. Dans son portefeuille, PowerZ et son jeu vidéo éducatif destiné aux 6-12 ans, dont le créateur, Emmanuel Freund, participait lui aussi au colloque. "L'expression 'tuteur IA' est à la mode, et il est vrai que c’est un assistant professeur incroyable. Mais on a aussi besoin de se frotter à la personnalité d’un enseignant, à travers une expérience sociale", pointe-t-il. Pour rassurer ceux qui redoutent que l’intelligence artificielle n'entraîne "un vide du savoir", la directrice de Simplon, Véronique Saubot, qui l’a introduite dans toutes ses formations, rectifie : "L'IA peut être un exosquelette de l'apprentissage". Depuis sa création en 2013, sa société a converti plus de 36 000 personnes aux métiers du numérique.

Attention aux jeunes diplômés, alerte Robin Rivaton

Autant de salariés qui ont craint un jour de se retrouver dépassés. L’IA nous place-t-elle tous sur la sellette ? Robin Rivaton, directeur général de Stonal et membre du conseil scientifique de la Fondapol, renverse d’emblée la question. A ses yeux, il faudrait surtout s’inquiéter… de trouver un emploi. Gare à ces annonces sensationnelles autour des licenciements massifs chez Meta ou ailleurs, alerte le chroniqueur tech de L’Express. Ces cas particuliers nous détournent de la réalité de l’économie, "celle des cabinets d’experts-comptables de 45 personnes ou des directions régionales de la SNCF", la grande masse des organisations, dont la capacité d’évolution est bien plus lente que celle de la tech californienne. Rien à voir avec l’arrivée de la micro-informatique dans les années 1990 : la révolution de l'IA n’exige pas des collaborateurs qu’ils changent d’interface – on se sert toujours de nos ordinateurs, de nos téléphones portables. Les salariés les plus expérimentés vont ainsi connaître des gains de productivité similaires à la nouvelle génération. "Ce qui nous menace est moins une grande apocalypse sur l’emploi qu’une augmentation du chômage chez les jeunes diplômés", résume-t-il.

Pour les salariés d’aujourd’hui, le bouleversement est déjà à l’œuvre. "L'évolution de la demande en compétences a été particulièrement rapide ces douze derniers mois", confirme Claire Lebarz, responsable de la data et de l'IA chez Malt, une plateforme qui met en relation des experts indépendants qualifiés avec des entreprises. Pour certains métiers, la demande de missions stagne, voire décroît : - 7 % pour les designers graphiques. Une baisse toutefois moins importante qu’attendue. Dans ce cas précis, c’est plus la nature du travail qui diffère. "Les entreprises vont moins faire appel à eux pour améliorer un petit visuel. En revanche, quand il s’agit de réfléchir stratégiquement à leur image, elles continuent à recourir à un expert", explique Claire Lebarz.

S’il y a bien un secteur qui s’apprête à être chamboulé par l’IA, c’est celui du droit. "La concurrence est féroce. Tous les cabinets sont obligés de s’équiper, au risque de voir leurs dossiers partir chez leurs confrères", reconnaît Jonathan Williams, directeur France du suédois Legora qui développe des outils d’intelligence artificielle pour les juristes. Charles Gorintin, cofondateur et directeur technique du néoassureur Alan, porte un regard plutôt optimiste sur l’utilisation de l’IA en entreprise, à condition de tirer profit du formidable gain de temps généré. Tout l’enjeu est de "réussir à réinvestir cette productivité économisée dans l’augmentation de la qualité du travail, plutôt que de se retrouver avec des gens qui scrollent sur leur téléphone une fois qu’ils ont fini", prévient-il.

Colloque Education de L'Express, au Théâtre Marigny à Paris, le 23/03/2026.
Colloque Education de L'Express, au Théâtre Marigny à Paris, le 23/03/2026.

Pour les enfants, même combat, y compris dans l’apprentissage. "La Corée du Sud fut l’un des premiers pays à développer l’IA dans les écoles mais, depuis janvier, elle fait machine arrière. Les Coréens se sont rendu compte que les enfants passaient leur temps sur les écrans et qu’ils apprenaient moins", raconte Philippe Coléon, cofondateur et président d’Acadomia, qui observe de près ce qui se passe à l’étranger. Certains Etats utilisent l’intelligence artificielle à des fins plus politiques : la Finlande, notamment, s’en sert pour enseigner la citoyenneté, l’écologie, le vivre ensemble. En Chine, l’IA prépare les élèves à devenir de meilleurs employés demain.

L'université délivre des diplômes en chocolat, reproche Laurent Alexandre

La France, elle, a plus qu’un temps de retard si l’on en croit Laurent Alexandre. "L’enseignement supérieur est obsolète, l’université d’aujourd’hui délivre des diplômes en chocolat et envoie nos enfants au casse-pipe". Un cursus d’exception sinon rien, plaide le coauteur, avec Olivier Babeau de Ne faites plus d'études ! Apprendre autrement à l'ère de l'IA (Buchet-Chastel). Ses provocations n’échappent pas à son contradicteur du jour, et néanmoins ami, Luc Ferry. Plus modéré, le philosophe amoureux des sciences, auteur d' IA, grand remplacement ou complémentarité (L’Observatoire), juge nécessaire de "continuer à travailler, de faire des études pour comprendre la biologie, la physique, la sociologie… et ne pas devenir un imbécile complet". Avec l’IA comme maître d’école ? "ChatGPT et Claude 4.6 sont les meilleurs profs que je n'ai jamais eus", lance Laurent Alexandre tandis que l'ancien ministre de l'Education nationale assure que "ChatGPT ne remplacera jamais un bon prof, celui qu’on aime et qu’on n’a pas envie de décevoir". Conquis, le public du théâtre Marigny applaudit chaleureusement.

Il est alors temps pour Wonderwomath de venir au secours de l’enseignement scolaire. Sous ce pseudonyme, la jeune prof et créatrice de contenus Estelle Dalençon s'adresse à des centaines de milliers d’élèves sur TikTok et Instagram. Des vecteurs idéaux pour redonner goût aux maths et éduquer petits et grands aux calculs du quotidien. "Je vais expliquer les tranches d’impôts, les promotions en magasin et les erreurs de chiffres dans les médias", annonce-t-elle. Devenue ingénieure pédagogique chez formaScience, une prépa de médecine à Strasbourg, elle a fait de l’IA son alliée en développant un chatbot sur WhatsApp. "Nos outils respectent les programmes officiels et les droits d’auteur des enseignants. Ils nous permettent de savoir sur quelles questions les étudiants s’interrogent le plus et d’adapter le cours en conséquence".

Colloque Education de L'Express, au Théâtre Marigny à Paris, le 23/03/2026.
Colloque Education de L'Express, au Théâtre Marigny à Paris, le 23/03/2026.

Fatigué des écrans, Gaspard Koenig invite, lui, à redécouvrir les vertus du geste, et l'intelligence de la main. L’auteur d'Humus et Aqua (éditions de L’Observatoire) a ainsi évoqué son étonnante passion pour la bourrellerie pratiquée par les artisans du cuir. "Toute idée naît du travail de la matière. C’est aussi vrai pour la fabrication d’une ceinture que pour l’écriture d’un texte, qui passe par la recherche, parfois pénible, du bon adjectif ou du rythme de la phrase." Un discours qui entre en résonance avec celui de Thomas Allanic, le directeur général de Ferrandi Paris : "Paradoxalement, l’IA redonne de l’importance aux métiers de l’artisanat. Les études montrent que les trois secteurs qui seront les moins touchés par les bouleversements annoncés sont l’agriculture, le paysagisme et la restauration".

En clôture de cette après-midi d'échanges, Frédéric Worms, philosophe et directeur de l'Ecole Normale Supérieure, s'est attardé sur ce nouvel "emploi du temps" que l'IA ne manquera pas d'insuffler dans nos existences. "La réflexivité est importante, on doit comprendre ce qui se passe avec l'intelligence artificielle, et c'est vertigineux. Notre quotidien alternera les temps avec elle, et sans elle". Quelques heures glanées pour cultiver son jardin ?

Cette journée de débats s’est terminée avec la remise de quatre prix de L’Express :

  • Le Prix de la science : Stéphane Mallat, médaille d’or du CNRS et fondateur de MathAData
  • Le Prix de l’innovation : Etienne Genvrin, fondateur d’Emma
  • Le Prix de l’influence : Estelle Dalençon – alias Wonderwomath –, créatrice de contenus pédagogiques en mathématiques
  • Le Grand Prix européen de l’éducation : Francesco Billari, recteur de l’université Bocconi.
مشاركة:
\n

ROYAL JORDANIAN

إعلان

احجز رحلتك الآن - خصم 10% على جميع الوجهات ✈️ عمّان → دبي، لندن، إسطنبول والمزيد

10%

مقالات ذات صلة

AI
يا هلا! اسألني أي شي 🎤