Algérie, Mali, Pape, États-Unis… : ce qu’il faut retenir de l’interview de Tebboune
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est exprimé samedi soir dans un entretien à des médias algériens, sur plusieurs sujets qui concernent l’Algérie, la visite du pape Léon XIV, les relations avec les États-Unis, la situation au Mali. Voici ce qu’il faut retenir. D’abord la visite du pape en Algérie du 13 au 14 avril derniers.
La visite du pape Léon XIV a « cassé le mythe de l’ancien colonisateur »
« Cette visite a permis de lever beaucoup d’équivoques, ce qui a permis de replacer l’Algérie dans sa sphère méditerranéenne, ouvert à toutes les relations (…) Le pape était très à l’aise, il connaît l’Algérie.
Il était déjà venu deux fois. Cela n’a pas plu à tout le monde », a dit le chef de l’État, en affirmant que le pape « ne lui a transmis aucun message particulier » et qu’il « lui a proposé d’ouvrir une ambassade du Vatican en Algérie ».
« Le pape est au courant de ce qui se passe en Algérie », a ajouté le chef de l’État, en affirmant que Léon XIV a « cassé le mythe de l’ancien colonisateur prétendant avoir été à l’origine de la création de l’Algérie ». Le pape a mis en évidence « l’enracinement historique de l’Algérie, qui remonte à saint Augustin et bien avant ».
Tebboune met en garde les relais de la cinquième colonne
Interrogé sur les critiques relatives à l’état des libertés en Algérie, le président Tebboune a fustigé « certains relais de la cinquième colonne qui se croyaient protégés par des parties étrangères qui les instrumentalisaient pour diviser la société, mais qui ont fini par comprendre qu’ils s’étaient fourvoyés sans qu’aucune partie ne puisse les protéger ».
« Je me suis engagé devant le peuple algérien à combattre quiconque oserait porter atteinte à l’unité nationale ou à l’une des composantes de l’identité nationale, qui sont protégées par la Constitution et les lois de la République », a-t-il dit, en rappelant les trois des constantes de l’Algérie : islam, amazighité et arabité.
Le chef de l’État a réaffirmé que la liberté d’expression était garantie en Algérie, à « condition de respecter les lois de la République, les composantes de l’identité nationale et les traditions de la société, et à condition aussi que les idées exprimées soient celles de leurs auteurs et non pas des idées dictées par d’autres parties. »
« Tout contrevenant aux principes statués par la Constitution, la loi algérienne et les traditions de la société, en paiera le prix, car la Justice est libre et elle a pour mission d’interdire l’injure et la diffamation », a-t-il dit. Le chef de l’État a assuré que « l’Algérie ne reviendra pas au chaos d’avant 2019 ».
Situation au Mali : Tebboune évoque des contacts indirects avec Bamako
Sur la situation au Mali, le président Tebboune a fait part de sa peine et a évoqué des contacts indirects entre Alger et Bamako.
« Nous sommes désolés de ce qui se passe au Mali. Ce n’était pas (une) prophétie, mais on savait que les choses allaient se gâter parce que le Mali est entré dans une phase qui ne pouvait mener qu’à la déstabilisation », a-t-il dit.
« Je parle avec le cœur parce qu’on aime le Mali. Nous n’allons pas déménager, le Mali ne va pas déménager. Et l’extrémisme n’a jamais été payant », a-t-il tranché.
Pour le président Tebboune, la situation actuelle au Mali qui est marquée par une vaste offensive des rebelles de l’Azawad appuyés par les islamistes du JNIM, est due à la tentative de Bamako de régler le problème par la force. « Chaque fois qu’il y a un changement de direction au Mali, il y a une tentative de régler le problème par la force. La force ne règle pas les problèmes », a-t-il dit.
Relations avec les États-Unis
Sur les relations entre Alger et Washington, le président de Tebboune a dit qu’« il y a un profond respect de la part des États-Unis envers l’Algérie et cela n’a pas changé ».
Il a rappelé le rôle joué par les États-Unis pour porter l’affaire algérienne devant l’ONU durant la guerre de libération nationale. Il a rappelé que l’Algérie faisait partie des pays non alignés et qu’elle est amie aussi bien avec les États-Unis, la Russie et la Chine.
« L’Algérie n’acceptera jamais l’installation d’une base militaire étrangère sur son territoire », a-t-il tranché.
Sur le conflit israélo-palestinien, le président Tebboune a réitéré que la solution réside dans la solution à deux États, et que la « paix des cimetières ne mène nulle part ».
Pour le Sahara occidental, il a expliqué qu’une « résolution de l’ONU est en train de faire son chemin et sans accrocs entre l’Algérie et les États-Unis ». Les Américains « savent quelles sont nos idées », a-t-il dit.
Pouvoir d’achat et spéculation
Le président Tebboune a assuré qu’il se portait bien et que l’Algérie se portait bien aussi. « Aujourd’hui, nous pouvons régler les problèmes des citoyens, nous le faisons sans hypothéquer l’indépendance de l’Algérie ni ses richesses, qui appartiennent exclusivement aux Algériens », a-t-il dit, en mettant en garde les spéculateurs.
« L’État ne tolérera aucune atteinte aux moyens de subsistance des Algériens. Quiconque spécule sur les moutons de l’Aïd en paiera le prix fort », a-t-il averti.
Tebboune sur la triche aux exportations : « 350 millions $ n’ont pas été rapatriés »
Le président Tebboune a dénoncé la mafia de l’exportation qui sous-facture en exportant les produits algériens hors hydrocarbures pour ne pas rapatrier les devises.
« Nous avons découvert que 350 millions de dollars » issus de l’exportation « n’ont pas été rapatriés ». « Je me suis débarrassé de la issaba de la surfacturation pour tomber sur celle de la sous-facturation », a-t-il dénoncé.
Élections législatives du 2 juillet : la mise en garde Tebboune
Lors de cette interview, le président Tebboune a évoqué les élections législatives du 2 juillet prochain. « Il est strictement interdit à l’administration d’intervenir dans l’essence des élections », a-t-il dit, en relevant que « le terme de fraude électorale n’a plus cours et ne figure plus dans le vocabulaire politique des Algériens », et a mis en garde contre toute tentative de fraude. « Toute tentative de porter atteinte à l’intégrité des élections se heurtera à la loi », a-t-il averti.
Au sujet des informations circulant au sujet de l’achat de cartes d’adhérent auprès de partis politiques et de l’investiture de candidats, Abdelmadjid Tebboune a prévenu que « toute personne dont l’implication est avérée fera face à des poursuites pénales pouvant entraîner la suspension, la révocation, le retrait de confiance et la levée de l’immunité par le biais de la Cour constitutionnelle ». « La loi est claire et sera appliquée à tous. Nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il dit.
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