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Algérie : les étonnantes montagnes russes du prix de la tomate primeur

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2026/05/04 - 06:31 501 مشاهدة

Les prix de la tomate en Algérie ne cessent de fluctuer. Au plus haut à la mi-avril avec 220 DA/kg sur les marchés de la capitale, actuellement elles ne trouvent pas preneur, même à 65 DA, sur le marché de gros d’El Ghrous à Biskra. Ces étonnantes montagnes russes s’expliquent par plusieurs facteurs.

Des tomates primeurs apparues sur les étals dès le mois de décembre et dont les fluctuations du prix désespèrent tant les agriculteurs que les consommateurs. Des universitaires se sont penchés sur la question.

Il y a une dizaine d’années déjà, une étude détaillée menée par l’École nationale supérieure d’agronomie (ENSA) d’El Harrach a été publiée (1) avec ce titre explicite : « Les profits « excessifs » des commerçants de fruits et légumes en Algérie : réalité ou préjugé infondé ? Le cas de la tomate primeur à Biskra ».

En ce début du mois de mai 2026, sur le marché d’El Ghrous, les pick-up chargés de caisses de tomates sont alignés le long des allées. Des tomates grappes bien différentes des tomates cerises qui requièrent des serres multichapelles onéreuses. Les tomates du marché de Ghrous sont produites sous de simples serres tunnel qui enveloppent des champs entiers de la région ces dernières années.

Dès 2016, les chercheurs Daoudi Ali et Lejars Caroline faisaient remarquer les mutations que connaît la wilaya de Biskra et notamment l’oasis d’El Ghrous où « depuis une vingtaine d’années, des palmiers en monoculture et des serres tunnels s’étendent à perte de vue en marge des oasis traditionnelles. »

Une région qui a connu l’arrivée de jeunes agriculteurs du nord du pays ne trouvant plus de terres en Mitidja ou d’agriculteurs chevronnés de l’ouest du pays. En 1980, la palmeraie d’El Ghrous comptait près de 2.000 habitants contre plus de 16.000 en 2008.

El Ghrous, un climat propice au maraîchage

Dans les Zibans, la terre et l’eau ne manquent pas. Le plus souvent, les nouveaux venus louent des terres pour trois années et achètent un tour d’eau aux propriétaires de forages parfois illicites.

Des grainetiers ont accompagné l’arrivée de ces nouveaux agriculteurs venus chercher fortune dans la région. Le plus souvent, ils acceptent de leur vendre à crédit le plastique des serres, les semences et les produits phytosanitaires en attendant d’être rémunérés à la première récolte.

Les enquêtes menées par l’ENSA confirment que la tomate primeur permet une « rentabilité confortable de l’activité ».

Le coût de revient moyen du kilogramme de tomate est de 26 DA/kg pour un prix de vente moyen sur le marché de gros d’El Ghrous de 61 DA/kg, soit une marge brute moyenne pour le producteur de 35 DA/kg. Avec une production moyenne de 33 quintaux pour une serre tunnel de 8 m sur 40 m, le retour sur investissement est « en moyenne de 3 ans ».

Il faut cependant compter avec les hausses de prix du film plastique couvrant les serres et des produits phytosanitaires importés revendus par les grainetiers privés.

Une situation qui a amené, début avril, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, à mettre en place un « crédit fournisseur » permettant aux agriculteurs, notamment ceux à faibles revenus, « d’acquérir les produits phytosanitaires, en remboursant les frais après la vente de la récolte, et ce après le début de son application au cours de cette année concernant l’acquisition des semences et des engrais », relève l’agence APS.

Au même titre que la plaine des Nememchas à l’est du pays, les Zibans bénéficient d’un climat hivernal doux et d’une proximité avec les centres urbains du nord. Une cargaison de tomates primeurs achetées tôt le matin au marché de Ghrous peut se retrouver le jour même sur l’étal d’un détaillant du quartier Sorecal au niveau de la cité 8 Mai 1945 à Bab-Ezzouar (Alger).

Cependant, bien que cultivée sous serre, cette tomate primeur reste à la merci des perturbations climatiques et de la concurrence des autres régions productrices de tomates. Car, comme le fait remarquer le président de la filière tomate, Mustapha Mazouzi, l’Algérie produit de la tomate quasiment tout au long de l’année.

La tomate primeur à la merci des facteurs climatiques

Co-auteur de l’étude réalisée en 2017 par l’ENSA, Sami Assassi évoque des « facteurs exogènes » et « l’effet du jeu de l’offre et de la demande sur les prix ».

Les auteurs soulignent ainsi que « les fortes pluies et la neige génèrent principalement des empêchements routiers, rendant difficile, voire impossible, le transport de la marchandise entre les zones de production (Biskra est à 440 km au sud d’Alger) et les grands centres urbains du Nord du pays ».

Ces aléas diminuent « la demande sur le marché de gros et, parallèlement, baissent l’offre sur le marché de demi-gros et de détail. Cela diminue le prix sur le premier et l’augmente sur les deux autres », précisent les auteurs de l’étude.

Une baisse des températures hivernales à Biskra peut également influencer les dates de récolte dans ces serres tunnel non chauffées et influencer le niveau de l’offre et donc les prix. Il est déjà arrivé au sud que des tempêtes détruisent les serres tunnel.

Les auteurs détaillent, en 2012 et 2013, l’effet des brusques chutes de températures. « Les périodes du 30 décembre au 7 janvier, du 5 février au 7 février, ainsi que le 12 mars, ont été marquées par des basses températures (12, 11 et 13°C) par rapport à la moyenne enregistrée habituellement à ces périodes (16°C). Cela a provoqué un ralentissement du mûrissement, donc une diminution des quantités récoltées, et, de ce fait, une augmentation des prix. »

Les auteurs de l’étude ont également remarqué que « les périodes du 24 janvier au 25 janvier, du 27 février au 1 mars, ainsi que le 5 mars et le 6 mars, ont respectivement été marquées par les événements suivants qui ont induit une diminution des prix ».

Ils citent ainsi une chute importante de neige dans les régions du Nord, ce qui a provoqué de grandes perturbations de la circulation routière et empêché l’arrivée des grossistes de certaines zones.

Une autre fois, une augmentation de la température (15°C), qui a accéléré le processus de mûrissement et, par conséquent, a augmenté les quantités offertes. C’est le cas quand de fortes pluies dans les régions du Nord ont perturbé les déplacements des grossistes (80 grossistes ont fréquenté le marché ce jour au lieu de 120 habituellement).

Aux phénomènes climatiques vient s’ajouter l’effet de l’entrée en production des zones productrices de tomate fraîche concurrentes sur l’offre nationale et donc sur les prix au niveau du marché d’El Ghrous.

Les auteurs ont tenu à relever les prix moyens du kilogramme de tomate au niveau des marchés d’El Ghrous, du marché de gros de Bougara (Blida) et Sorecal. Des prix respectivement de 44, 58 et 78 DA et correspondant, pour chacun des participants : agriculteurs, grossistes et détaillants, à un bénéfice net moyen de 10, 12 et 17 DA.

Aussi, à la question de profits « excessifs » de la part des commerçants de tomate primeur, les auteurs de l’étude concluent que « l’effet de ces aléas [climatiques] est facilement observable, ce qui renforce l’idée que le prix de la tomate fraîche est le résultat de l’égalisation de l’offre et de la demande ».

Cependant, les auteurs notent que ces facteurs n’expliquent pas « la totalité des fluctuations remarquées ». Ainsi font-ils remarquer que plusieurs changements de niveau de prix repérés ne coïncident avec aucun aléa climatique et citent « les baisses du 15 janvier et du 21 mars et les hausses du 18 février et du 24 mars », ce qui leur permet de mettre en évidence des facteurs « endogènes » : « Il est clair que les pratiques des acteurs ont aussi une influence. »

Numérisation des données

Enfin, l’étude relève une spécificité de la production de la tomate primeur sur la formation des prix qui est « principalement le résultat du jeu de l’offre et de la demande, affecté par des aléas exogènes et, à un moindre degré, endogènes ».

La tomate primeur est en effet un produit particulièrement périssable qui ne peut être stocké, au contraire d’autres produits maraîchers comme l’oignon ou la pomme de terre. Aussi, prennent-ils la précaution de signaler que « les résultats seraient sans doute différents, car les temps de stockage laissent une marge plus grande aux pratiques spéculatives ».

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