Algérie : Le dessalement couvre 42 % des besoins en eau potable
Intervenant ce lundi dans l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, Mouloud Hachlaf, assistant du PDG de la Société algérienne de dessalement de l’eau, a fait le point sur les capacités nationales et les perspectives du secteur.
Il a d’emblée souligné que « le dessalement d’eau de mer est devenu une base incontournable de la sécurité hydrique en Algérie », rappelant l’importance accordée à cette ressource dans les orientations récentes des pouvoirs publics. Dans ce sens, il a indiqué que « le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’assurer un service optimal d’alimentation en eau potable, en s’appuyant sur la diversification des ressources. »
Évoquant l’évolution du secteur, M. Hachlaf a expliqué que le dessalement, autrefois considéré comme « un appoint en période de stress hydrique », occupe désormais une place importante dans l’approvisionnement national. Il a précisé que « la production nationale atteint désormais 3,7 millions de mètres cubes par jour », ajoutant que cette source couvre actuellement 42 % des besoins en eau potable, contre 18 % auparavant. Selon lui, cette hausse est liée « notamment par la réception, en février 2025, du programme complémentaire numéro 1, qui a renforcé significativement les capacités installées. »
Le dessalement couvre 42 % des besoins en eau potable
Il a également mentionné la mise en service récente de cinq grandes stations, qui ont déjà permis de produire plus de 370 millions de mètres cubes d’eau. À ce propos, il a indiqué : « À titre d’exemple, la station de Macta produit à elle seule plus de 420 000 mètres cubes par jour, illustrant l’ampleur des investissements consentis. » Par ailleurs, M. Hachlaf a tenu à préciser le rôle de la Société algérienne de dessalement de l’eau, affirmant qu’elle est « un producteur, non un distributeur », et que « l’eau produite est livrée à l’Algérienne des eaux, qui se charge de sa distribution ».
Concernant le fonctionnement des installations, il a rappelé que celles-ci opèrent en continu, ce qui nécessite un suivi technique régulier. Il a ainsi expliqué « qu’un programme national de maintenance préventive est déployé chaque année, en coordination avec les acteurs du secteur. Ces opérations, limitées à des séquences n’excédant pas 6 jours, sont planifiées deux à trois fois par an. » Il a ajouté que « les stations de dessalement privilégient des interventions courtes mais régulières. Ces opérations incluent le contrôle des systèmes de captage, le nettoyage des bassins, la vérification des membranes d’osmose inverse et l’inspection des installations électriques en collaboration avec Sonelgaz. »
Abordant les contraintes environnementales, l’intervenant a souligné que la qualité de l’eau de mer joue un rôle déterminant dans le fonctionnement des stations. Il a précisé que « la turbidité de l’eau constitue un facteur critique. Lors de récents épisodes de mauvais temps et de fortes pluies, certaines stations ont dû s’arrêter automatiquement en raison d’un dépassement des seuils ». Dans ce contexte, il a expliqué que « les grilles de captage peuvent être obstruées par des algues ou des déchets, tandis que les crues charrient des polluants vers la mer. Dans certains cas, des investissements supplémentaires sont nécessaires pour adapter les installations, comme la mise en place de dispositifs capables de traiter une eau plus chargée ».
Coût des stations de dessalement de l’eau de mer
Sur le plan financier, M. Hachlaf a évoqué le coût des infrastructures, indiquant que « chaque station représente un investissement considérable. Les unités classiques coûtent environ 250 millions de dollars, tandis que les nouvelles méga-stations atteignent 420 millions de dollars chacune ». Il a ajouté que « le programme complémentaire numéro 2 prévoit la réalisation de 6 nouvelles stations pour une capacité totale de 1,8 million de mètres cubes par jour, soit un investissement dépassant 1 milliard de dollars pour la première tranche ». Trois projets sont déjà engagés dans les wilayas de Tlemcen, Chlef et Mostaganem.
À l’approche de la saison estivale, période marquée par une hausse de la consommation, l’intervenant s’est voulu rassurant. Il a affirmé que « les stations fonctionneront à pleine capacité. Le calendrier de maintenance a été conçu pour éviter toute interruption durant les périodes critiques, notamment après le Ramadan et avant l’été. »
Il a estimé « qu’aujourd’hui, le dessalement s’impose comme un levier central » pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable sur le littoral. En conclusion, il a déclaré : « Nous travaillons dans la prévention pour ne jamais subir », mettant en avant l’importance de ces installations pour l’avenir hydrique du pays.
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