Algérie-France : le patron du Medef et une proche de Macron attendus à Alger
Le président du patronat français (Medef), Patrick Martin, est attendu ce jeudi à Alger. La semaine prochaine, c’est la présidente de l’Institut du monde arabe (IMA), Anne-Claire Legendre, qui effectuera une visite en Algérie.
Les deux visites sont séparées, mais leur simultanéité laisse penser à une volonté de mettre à contribution l’économique et le culturel dans les efforts en cours pour tourner la page de la crise Algérie-France.
Les deux pays ont officiellement repris la coopération sécuritaire et migratoire après la visite à Alger du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez en février dernier.
Peut-être pas au rythme souhaité, « mais ça repart », a évalué Nuñez dans des déclarations faites cette semaine au journal français L’Opinion, révélant au passage que le président Emmanuel Macron a opté pour une autre approche dans la gestion de la sortie de crise avec l’Algérie : la discrétion.
Patrick Martin : l’Algérie est un « partenaire important pour la France »
L’approche semble inclure aussi la mise à contribution de la sphère économique et culturelle.
Deux personnages importants sont attendus simultanément dans la capitale algérienne. Patrick Martin, président de la première organisation patronale française, viendra personnellement, alors que, d’habitude, c’est le président du Medef international qui conduisait les délégations en Algérie.
Martin ne sera pas accompagné d’une délégation d’hommes d’affaires. Il fera le déplacement accompagné notamment du coprésident français du conseil d’affaires algéro-français, Yannick Morillon.
Il n’y aura donc pas de conclusion de partenariats ou de contrats. Dans un contexte de crise, il s’agira de reprendre contact à travers des discussions avec l’organisation patronale algérienne CREA (Conseil du renouveau économique algérien).
Le patron des patrons français confirme qu’il est attendu de lui et du monde des affaires de contribuer à dépasser le froid actuel.
« Si le monde des affaires, à sa place, peut contribuer à ce que les relations se détendent (…) si je peux apporter ma contribution à cela, ça sera bien », a-t-il déclaré à Radio Classique avant son voyage, qualifiant l’Algérie de « partenaire important pour la France d’une manière générale, pour son économie en particulier ».
Le Medef va « jouer son rôle en contribuant à ce qu’on renoue avec une relation plus apaisée », a insisté Patrick Martin, estimant qu’« il est indispensable qu’on travaille avec le plus grand nombre de pays à travers la planète, surtout quand ils sont à proximité géographique et culturelle ».
La visite réjouit en tout cas les milieux d’affaires français en Algérie.
« Je me réjouis de cette visite. Nous avons toujours gardé, en tant que Chambre de commerce et d’industrie algéro-française, une relation avec le CREA et nous sommes ravis de la reprise des liens au plus haut niveau entre les deux patronats, algérien et français. Nous espérons une reprise des relations économiques entre les deux pays », a déclaré à TSA le président de la CCIAF, Michel Bisac.
« Le déplacement du président du MEDEF en Algérie représente, même dans un contexte bilatéral très dégradé, une opportunité de relancer notre partenariat économique commun », estime pour sa part Karim Amellal, ancien ambassadeur d’Emmanuel Macron à la Méditerranée.
« La dégradation sans précédent de la relation bilatérale constitue, à rebours de ce que pensent certains, un handicap stratégique majeur pour notre pays », souligne-t-il.
Une proche de Macron bientôt à Alger
Parallèlement à la visite du président du Medef, Anne-Claire Legendre est également attendue à Alger. Legendre vient en tant que présidente de l’Institut du monde arabe, à l’invitation de la ministre algérienne de la Culture. Avant d’être désignée à la tête de l’IMA, Anne-Claire Legendre était proche conseillère de Macron pour l’Afrique et le Moyen-Orient.
« Elle vient pour relancer la coopération culturelle et en profitera pour faire passer quelques messages », explique une source proche du dossier.
Mais les observateurs soulignent surtout que c’est une proche et une ancienne conseillère d’Emmanuel Macron qui se déplace à Alger dans un contexte d’efforts pour dépasser la crise.
Dans le même temps, Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie (AFA), effectuera un nouveau voyage en Algérie après celui de janvier dernier, cette fois pour assister à un colloque international sur Saint-Augustin.
Cette succession de visites permettra-t-elle l’accélération du processus de retour à la normale ? Si certains l’espèrent, les plus réalistes estiment que tout se jouera à quitte ou double à l’issue de la présidentielle française de 2027 pour laquelle le compte à rebours est engagé.
En attendant, il s’agit surtout de préserver ce qui peut l’être. « Il reste un an avant une élection présidentielle qui sera décisive pour l’avenir de la relation. Dans le contexte géopolitique et économique actuel, se priver d’un partenaire comme l’Algérie est une erreur, peut-être même une faute », écrit Karim Amellal.
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