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2027 sera l’année de la femme enceinte ou ne sera pas, par Christophe Donner

العالم
L'Express
2026/04/08 - 04:15 501 مشاهدة

Carla Simon, la réalisatrice de Romeria, est née en Catalogne en 1986. Ses deux parents sont morts du sida peu de temps après sa naissance, elle a été adoptée par un oncle et sa femme qui vivaient à l’autre bout du pays. En 2024, elle décide de réaliser un film qui raconte comment elle est retournée, à 18 ans, dans le pays où elle a été conçue et où vivent encore les nombreux membres de la famille de son père défunt. Le prétexte, c’est un certificat de paternité dont elle a besoin pour le dossier de la bourse qu’elle sollicite : elle se présente donc au bureau du registre d’état civil de la mairie du village où elle est née pour apprendre qu’elle ne figure pas sur ledit registre. Son père ne l’a pas déclarée comme son enfant. J’aime beaucoup la réaction de Marina, interprétée par Llucia Garcia, incarnation de la réalisatrice du film. Loin des cris et des larmes, une impassibilité qui absorbe l’incompréhension et les doutes, se réduit à une infime inclinaison du visage, à la manière des oiseaux quand ils rectifient leur vision monoculaire latérale pour nous voir droit. Il y a en effet quelque chose de tordu dans ce qu’elle vient d’apprendre.

Ce qui est bien aussi avec ce film, c’est qu’il n’est pas tout à fait réussi. Il est possible que cela soit voulu, il est possible que ça ne le soit pas. Ça revient au même au sens où cette indécision correspond au sujet, à l’histoire qui se refuse à la morale, aux personnages qui demeurent flous, et aux intentions réelles de Marina : elle veut savoir pourquoi elle ne sait pas. Où est le loup. De quoi les autres ont peur. On n’est pas chez Tennessee Williams. Et tant mieux. Je n’ai pas eu l’impression non plus que Carla Simon cherchait à nous expliquer ce qu’était "la génération sida", les années ceci ou cela. Les grands-parents sont riches, réacs, ça n’est pas le sujet, juste le décor, et d’ailleurs ils ne le sont plus guère, riches, ce qui rend le décor encore plus émouvant. La famille encore plus branque. Sommet d’abjection de cette dynastie en bout de course, la scène terrible du patriarche qui, du fond de son fauteuil, distribue à ses petits-enfants comme à ses obligés, à la queue leu leu, les prébendes de leur filiation.

Prix d’interprétation au festival Gaudi

Reste la mise en scène. Marina l’orpheline en quête de vérité veut faire du cinéma, c’est l’objet de la bourse qu’elle cherche à obtenir. Carla Simon lui met donc entre les mains une vidéo de poche, comme on en faisait en 2004. Le principe n’est pas nouveau, il n’a pas encore été épuisé, et jusqu’à présent pas aussi bien utilisé que par Virgil Vernier dans son Imperial Princess, balade d’une fille d’oligarque abandonnée dans le no hope de Monaco.

Carla Simon se représente ainsi en cinéaste débutante, mais ça n’enfonce pas plus profond la lame introspective à l’intérieur du drame familial, je trouve. Llucia Garcia est une actrice magnifique, ses images (si elles sont d’elle) ne sont pas à la hauteur du prix d’interprétation qu’elle vient d’obtenir au festival Gaudi (les Césars du cinéma catalan). Dommage, car j’ai l’impression que Carla Simon aime les interférences de ce genre. Si je me souviens bien, elle avait présenté son court-métrage, Lettre à ma mère pour mon fils, en portant dans ses bras le fils en question, alors âgé de deux mois. Et rebelote avec Romeria qu’elle a présenté à Cannes en femme au bord de l’accouchement du suivant. Il me semble bien que Marina est enceinte, dans le film…

Quoi qu’il en soit, préparez-vous, c’est l’année des femmes en état de grossesse. Je vote d’ores et déjà pour Marine Tondelier. Je vote et je parie. Cette grossesse sera pour elle ce que la jeunesse fut pour Emmanuel Macron. Un coup inattendu, audacieux, et à la différence de Jupiter, moins démagogique, plus authentiquement politique. Je laisse aux politologues de L’Express le soin d’analyser les tenants et les aboutissants de cette candidature, l’espoir qu’elle fait renaître pour éviter le pire. Car c’est de ça qu’il s’agit.

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